Le groupe DMC, l'un des derniers grands groupes textiles français qui emploie 1 150 salariés, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris, lundi 5 mai, conformément à la demande de la direction. L'entreprise s'était déclarée en cessation de paiement le 29 avril et avait déposé le lendemain au tribunal les dossiers présentant ses difficultés financières. DMC, dont la cotation en Bourse est suspendue, avait indiqué en février que son chiffre d'affaires 2007 avait reculé de 18,9 %, à 145,5 millions d'euros en raison de la concurrence asiatique et des effets de change.
Les trois pôles du groupe sont concernés par la mesure mais le tribunal a fixé pour chacun une période d'observation différente. Ce délai doit permettre de dresser un bilan économique et social et de proposer un plan de redressement : deux mois pour la chaîne de magasins Loisirs et Créations, qui emploie 220 personnes, trois mois pour DMC Tissus (350 salariés), la branche sportwear du groupe. Le dernier pôle, DMC SA, leader mondial du fil à broder, bénéficie en revanche d'un délai de six mois. Il s'agit de la seule entité qui gagne encore de l'argent. Elle emploie 500 personnes à Mulhouse. Deux administrateurs judiciaires ont été nommés pour DMC SA et DMC Tissus, et un seul pour les magasins.
UN "MAL NÉCESSAIRE" POUR LES SYNDICATS
"Le redressement, c'est ce qu'on pouvait espérer de mieux, mais trois mois, c'est court", a déclaré Joseph Grunenwald, secrétaire CFTC du comité d'entreprise de DMC Tissus. Plusieurs repreneurs potentiels seraient intéressés par la branche sportwear du groupe, dont un groupe pakistanais et un groupe indien. "Ce qui nous inquiète, c'est que la reprise peut s'accompagner d'un plan social peut-être plus important que ce qui était prévu au départ", a précisé Sylvie Gensbeitel, secrétaire adjointe CFTC du comité d'entreprise de DMC Tissus, affirmant rester sur "le qui-vive".
Sur les 1 150 salariés du groupe, 870 travaillent en Alsace, dans les unités de production et de logistique. Le groupe textile né à Mulhouse en 1746 comptait encore 16 000 salariés dans les années 1970. Mais il est en difficulté chronique depuis quinze ans, victime notamment du déferlement de la production textile asiatique à bas coûts sur le marché.