La France va surveiller et étudier la pollution de ses fleuves aux PCB

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Un plan national d'action concernant la pollution des cours d'eau aux PCB (polychlorobiphényles) a été présenté, mercredi 6 février, à l'occasion de l'installation du comité national de pilotage et de suivi sur les PCB, par les ministères de l'écologie, de l'agriculture et de la santé. Dix-huit arrêtés d'interdiction de la pêche en vue de la commercialisation ou de la consommation ont déjà été pris en France depuis dix-huit mois en raison de teneurs élevées en PCB relevées dans des poissons ou dans des sédiments. Ces arrêtés concernent treize départements et trois fleuves : le Rhône, la Somme et la Seine.

Les PCB sont des produits chimiques chlorés toxiques, probablement cancérogènes, qui ont été utilisés comme isolants ou lubrifiants par l'industrie à partir des années 1930, jusqu'à leur interdiction en 1987. Leur rejet dans l'environnement, associé au caractère persistant et non soluble de ces substances, a conduit à leur accumulation dans les sédiments des cours d'eau puis dans les graisses de poissons de fond comme les anguilles, les brèmes ou les barbeaux.

RÉDUCTION DES REJETS

Le plan d'action gouvernemental prévoit la réduction des rejets résiduels de PCB (en agissant auprès de gros propriétaires de transformateurs ou de condensateurs anciens qui contiennent ces produits, comme EDF), un effort de recherche portant sur le phénomène de bioaccumulation chez les poissons et sur les technologies de décontamination des sédiments, le renforcement des contrôles sur les poissons, le lancement d'une étude sur l'imprégnation aux PCB des consommateurs de poissons de rivière, ainsi que des mesures d'accompagnement des pêcheurs professionnels et amateurs touchés par les mesures d'interdiction.

"Ce plan porte d'abord sur la recherche et sur la gestion de la pollution, car nous savons que nous n'arriverons pas à dépolluer les fleuves en deux ans", déclare la secrétaire d'Etat à l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Le dragage et un traitement des sédiments à grande échelle ne peuvent être envisagés aujourd'hui, pour des raisons de coût mais aussi environnementales : "Ne faut-il pas mieux laisser les sédiments au fond des fleuves que curer les lits et libérer de nouveau les PCB, qui risquent de contaminer d'autres organismes vivants ?", s'interroge Marc Sénant, chargé de mission à France Nature Environnement.

Cette association, qui participe au comité de pilotage, n'a pas caché sa "satisfaction" après l'annonce d'un programme d'échantillonnage des poissons sur les trois cents sites les plus contaminés (dès 2008 pour les cent sites les plus touchés). Conformément à un avis du 5 février de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), deux espèces de poissons - un gras et un maigre - seront prélevées sur chaque site.

Si les teneurs en PCB relevées chez les deux espèces sont supérieures aux normes, des mesures seront prises pour éviter la consommation de tous les poissons pêchés sur le site. Si seul le poisson gras n'est pas conforme, des mesures temporaires seront prises, le temps d'effectuer des analyses complémentaires sur au moins cinq autres espèces.

Gilles van Kote
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Plus d'une centaine d'agglomérations françaises demeurent, selon Bruxelles, en infraction avec le texte adopté en 1991 pour encadrer le traitement des eaux usées avant leur rejet dans le milieu naturel.
FORGET PATRICK
Plus d'une centaine d'agglomérations françaises demeurent, selon Bruxelles, en infraction avec le texte adopté en 1991 pour encadrer le traitement des eaux usées avant leur rejet dans le milieu naturel.
RÉACTIONS DES ABONNÉS DU MONDE.FR
Rol@nd :
«
Enfin, c'est un début, que de retards..... Mais pourquoi demander des réponses a une administration ou des industriels qui ne se posent même pas la question??? Enfin lorsque le dernier poisson sain aura été pêché, il leur restera le choix de manger des billets de banque ou du poisson malsain, mais nous nous n'aurons que le second choix.