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Quatre ans après 36, quai des Orfèvres, gros succès commercial, Olivier Marchal revient sur les écrans avec son nouveau film : MR73. Les nombres changent, la recette reste. Un composé d'attestation autobiographique (Olivier Marchal fut policier), d'acteurs prestigieux mis au service du récit - Daniel Auteuil rempile sans Depardieu et tient seul la vedette cette fois - et de métaphysique à la truelle.
POURQUOI PAS
Le tout servant une remise au goût du jour du bon vieux polar à la française, avec noirceur de l'âme, médiocrité du genre humain et cynisme de l'institution poussés jusqu'à l'abject.
MR73, c'est d'abord le flingue avec lequel la police nationale a été équipée en 1973, un petit bijou créé par la société Manurhin de Mulhouse. Son rôle tragique dans le film n'en est pas moins secondaire, puisqu'il y dort tout du long comme une relique dans un tiroir.
TOURMENT MORAL
Disons que c'est un des rares instruments de la certification documentaire dont se prévaut le film. Pour le reste, il faudra faire avec les grandes orgues du tourment moral et de la déréliction, façon Dostoïevski made in France.
Louis Schneider (Daniel Auteuil) en est le héros pathétique. C'est un flic au SRPJ de Marseille, un homme moralement défait et physiquement détruit, qu'on voit détourner un bus sous l'effet de l'ivresse au début du film. Il faut dire que Louis, alcoolique notoire, ne fait globalement que des conneries, sauf quand il est sur une enquête. Rien d'étonnant quand on porte sur ses épaules tant de fardeaux à la fois. Il y a le souvenir de l'accident qui a transformé sa femme en épave, qui revient le hanter régulièrement mais que le scénario oubliera in fine de nous expliquer.
EFFETS DE STYLE
Il y a la libération d'un dangereux maniaque qui a massacré voici vingt ans une famille dont la fille survivante se met aujourd'hui sous la protection du policier. Il y a l'enquête qu'il mène au présent sur les traces d'un mystérieux tueur en série provençal. Il y a aussi son ennemi juré dans le service, un fieffé teigneux, qui fait tout pour lui compliquer une existence pourtant assez compliquée comme ça.
Il y a, pour tout dire, beaucoup trop de choses pour un seul homme, voire pour un seul film, tout particulièrement quand celui-ci balise le chemin du spectateur à grand renfort d'effets de style pompeux, de retours en arrière explicatifs et de considérations psychologiques passablement triviales.
Cette inflexion délibérée vers la tragédie morale, qui réussit si bien à un James Gray, se révèle fort peu convaincante chez Olivier Marchal. C'est d'autant plus regrettable que le réalisateur dispose a priori de l'expérience qui permettrait à ses films de devenir de grands polars : celle de la connaissance intime du travail policier.
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