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On ne peut pas accueillir tous les jours les batailles épiques du Seigneur des anneaux. Cette fois, les vertes collines de Nouvelle-Zélande ont dû se contenter d'abriter le tournage de Black Sheep, hybride un peu difforme de comédie et de film d'horreur.
Dans une ferme de Nouvelle-Zélande d'où l'on exporte ces gigots congelés qui mettent en fureur nos bergers européens, vivaient deux frères, l'un doux comme un agneau, l'autre méchant comme un bélier. Séparés après un traumatisme enfantin impliquant un mouton écorché, ces Abel et Caïn des antipodes se retrouvent de nos jours sur les terres de leurs aïeux au moment où Oliver s'apprête à présenter au monde une nouvelle race de mouton. Henry, le gentil garçon, est venu chercher sa part d'héritage, mais il découvre que son frère doit sa réussite à des manipulations génétiques, qui ont pour inconvénient de gommer la frontière entre les espèces humaine et ovine et de transformer les moutons en monstres assoiffés de sang.
POURQUOI PAS
Epuisé par ce débordement d'imagination, le scénariste et réalisateur Jonathan King se contente de laisser son film dévaler la pente du mauvais goût le plus extrême, en faisant intervenir des généticiens fous et un couple de militants écologiques pas très malins.
BAVETTES ET TOURNEDOS
Ce qui peut être drôle, surtout si l'on s'amuse du spectacle de bas morceaux sanguinolents, et de plaisanteries sur la zoophilie. Mais Black Sheep, comme ses moutons transgéniques, ne sait jamais tout à fait à quel genre se vouer. Pas vraiment terrifiant, pas tout à fait désopilant, le film avance tranquillement en masquant ses faiblesses sous une débauche d'effets spéciaux qui évoquent un excellent gag de La Cité de la peur (Alain Berbérian, 1994). Un personnage pousse la porte d'une scène de crime et s'écrie "c'est une véritable boucherie". La caméra se tourne alors vers un étal qui aligne bavettes et tournedos. Dans le cas de Black Sheep, la réplique exacte serait "c'est une véritable triperie".
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