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Papeete Envoyé spécial
Bien sûr, il y a Bora Bora, ses lagons bleu scintillant, ses hôtels bâtis sur pilotis, et ses hordes de touristes. Mais la Polynésie française, c'est aussi et surtout Tahiti, l'île principale, et sa capitale, Papeete. Un territoire enchanteur que l'on conseillera de visiter entre les mois d'avril et octobre, en plein hiver austral, quand un gigantesque anticyclone bloque un soleil resplendissant sur Tahiti. La température oscille alors entre 24 oC et 29 oC, l'océan Pacifique grimpe à 29 oC, et les alizés apportent leur lot de fraîcheur.
Accès. De Paris, cinq vols hebdomadaires avec Air Tahiti Nui, via San Francisco (deux heures d'escale), à partir de 1 309 euros en basse saison, jusqu'au 23 mars (tél. : 0825-02-42-02 et www.airtahitinui.fr). Et deux vols, quatre fois par semaine, avec Air France, via Los Angeles (deux heures trente à cinq heures d'escale selon les vols) : à partir de 1 304 euros (tél. : 3654). Compter vingt-deux heures (voire vingt-quatre heures) de voyage escale comprise. Prévoir quinze jours sur place minimum, compte tenu du décalage horaire (douze heures).
Etapes. L'Hôtel Royal Tahitien a tout pour plaire, hormis le décor années 1980 des chambres, spacieuses par ailleurs. Calme, piscine adorable, restaurant en bord de plage (autour de 150 euros, négociables. Tél. : 00-689-50-40-40. Nombreuses chambres d'hôtes et pensions de famille, des "fare" (petite maison), au confort noté de "un à trois fare".
Forfaits. Parmi les formules avion-hébergement des voyagistes, la petite hôtellerie familiale a sa place. Notamment chez Fare Voyages (tél. : 01-48-88-06-12 et www.farevoyages.com), JLT Voyages (tél. : 01-45-65-23-23 et www.jltvoyages.com), ou encore Austral Lagons (tél. : 01-53-63-84-40 et www.austral-lagons.com) et Tourinter (www.tourinter.com). Egalement forfaits mariant plusieurs îles.
Tables. L'O à la bouche, en centre-ville, bonne cuisine. Comme Le Mango, nourriture fraîche et impeccable, ou Le Lion d'or, à Pirae. Tarifs parfois élevés, la vie est chère à Tahiti. Gigantesques buffets avec danses tahitiennes dans les grands hôtels : Sheraton et autres.
Guides.Tahiti Polynésie française 2007, Gallimard (2006, 360 p., 14 €) ; Le Routard, Hachette (2005, 264 p., 14 €) ; Lonely Planet (2006, 400 p., 23 €).
Informations. Tahiti tourisme, 28, boulevard Saint-Germain, 75005 Paris. Tél. : 0811-46-46-80. Site Internet : www.tahiti-tourisme.fr
L'autre période, qui s'étend de novembre à mars, correspond à la saison des pluies. Il y fait toujours aussi chaud, mais le degré d'humidité atteint les 85 %, et les nuages s'accrochent aux reliefs. On peut espérer des éclaircies, mais les averses sont courantes. Cela reste largement supportable, par exemple en décembre, quand la France claque des dents, à l'approche de Noël.
Rester à Tahiti, et faire fi des îles voisines, c'est d'abord prendre le temps de découvrir Papeete. L'agglomération compte plus de 120 000 habitants et s'étend sur 30 kilomètres le long des côtes. Une urbanisation croissante gâche le paysage, et les embouteillages sont rituels chaque matin et en fin d'après-midi. Un flot ininterrompu de 4 × 4 engorge le front de mer, et n'était le fond de l'air, on se demanderait bien quel est l'intérêt de passer dix-huit heures en avion pour découvrir ce spectacle !
Il faut passer outre et se lancer à la conquête du centre-ville. Le point central, c'est le marché couvert. Superbe, coloré, chatoyant. Au rez-de-chaussée, les étals couverts de fruits, légumes et fleurs laissent le visiteur pantois. Une profusion rare : des ananas, bien sûr, mais aussi des mangues, des goyaves, des bananes de toutes les couleurs, des avocats, de la vanille... Les fleurs ne sont pas en reste, avec le tiaré (nom scientifique : Gardenia tahitensis). Véritable emblème local, cette fleur à six pétales à l'odeur envoûtante est omniprésente. Mais le jasmin, l'hibiscus ou le frangipanier emplissent aussi l'atmosphère de leurs effluves.
Grimpez au premier étage, et vous pourrez faire emplettes de paréos, statuettes locales, colliers de nacre, fioles de monoï... On peut facilement passer une journée à découvrir ce lieu magique, demeuré authentique, où l'on trouvera tous les trésors du Pacifique à des prix relativement maîtrisés.
A quelques dizaines de mètres, le Tahiti Pearl Market. La perle de Tahiti, principale industrie locale avec le tourisme, a permis à quelques entrepreneurs de se bâtir des fortunes enviables. Les fermes perlières sont situées aux abords des îles Tuamotu et Gambier. On y greffe les huîtres, on les bichonne, dans une eau pure, à température quasi constante.
A Tahiti, les magasins foisonnent. Difficile de faire son choix. Au Tahiti Pearl Market, la qualité est au rendez-vous, le prix aussi. On y monte les perles pour vous, multicolores, noires, grises, petites, grosses, rondes, ovales. Les tarifs sont élevés, on ne trouve rien de merveilleux à moins de 100 euros la perle. Mais c'est vraiment joli...
Les achats effectués, il est temps de prendre la route. LE tour de l'île s'étend sur 115 km de bitume. Le point kilométrique 0, c'est Papeete. A l'est, la route vous emmène vers les plages sauvages et les rouleaux de l'océan. N'espérez pas y trouver de belles étendues de sable blanc sous les cocotiers. C'est le paradis des surfeurs. La côte est superbe, les points de vue spectaculaires.
Au gré des kilomètres, quelques curiosités locales : le trou du Souffleur, par exemple, où l'océan propulse sa toute-puissance dans un orifice étroit. Un peu plus loin, les somptueuses cascadesde Faaturuma. Continuez la route,
laissez-vous bercer par les odeurs enivrantes, prenez de temps à autre les chemins de traverse, vers l'intérieur des terres. Ils ne vont jamais bien loin, tant les reliefs escarpés de l'île interdisent toute construction, mais vous y découvrirez les Tahitiens, leur style de vie, leur gentillesse naturelle.
Au bout de l'île, côté est, vous parviendrez à Taravao. Grimpez sur le plateau, vous vous croirez en Normandie. Les seules vaches de l'île y paissent les herbes grasses. La route s'arrête brusquement. Il n'est pas possible de faire le tour de la presqu'île en voiture. Munissez-vous de bonnes chaussures, d'eau, et prenez les sentiers qui vous amèneront aux falaises du Pari, difficilement accessibles, protégées. Le coin vaut vraiment le détour. Il faut ensuite reprendre la route, passer de l'autre côté, se hasarder jusqu'à Teahupoo, où les surfeurs rivalisent de prouesses sur l'un des plus beaux spots de la planète. Arrêtez-vous sur la plage de Maui, un petit snack vous servira de délicieuses grosses crevettes de Teahupoo, justes tièdes, avec un peu de sel de Guérande. Très efficace.
Sur la route du retour vers Papeete, promenez-vous dans les jardins de Vaipahi, ne serait-ce que pour l'effort de mise en valeur des richesses naturelles. Evitez les grottes de Maara, qui n'ont guère d'intérêt. Et stoppez votre voiture au point kilométrique 18,5, vers Paea. C'est là que se trouve la plus belle plage de l'île, façon carte postale : eau limpide, sable fin, pas un chat en semaine.
Masque et tuba de rigueur, tant les récifs coralliens sont enchanteurs, à quelques dizaines de mètres du rivage. On aimerait se souvenir de tous les poissons rencontrés, de l'infinie palette de couleurs. On y passerait bien des heures, mais on vous attend à Papeete, afin de déguster une Hinano, la bière locale, douce et rafraîchissante, avant de s'attabler dans l'un des nombreux restaurants du bord de mer.
Le tartare de thon rouge est présent sur toutes les cartes, tout comme le plat national : le poisson cru mariné dans le lait de coco. Bon, et sain ! On peut aussi s'attarder auprès des roulottes, sur la place Vaiete. On y trouve tout, nourriture chinoise, pizzas, crêpes. Pas cher, mais pas la peine d'aller à Tahiti pour manger une Regina...
Le lendemain, vous avez le choix. Louez un 4 × 4 (mieux vaut recourir à un guide), et prenez la piste traversière qui relie Papenoo à Matai : passages à gué, cratères, forêt vierge. Ou bien, optez pour un ferry qui vous emmène en une heure à Moorea, l'île soeur, douce et tranquille. Les plages sont paradisiaques (choisissez celle située juste avant la route de l'aéroport).
Et pour la joie des petits (et plus grands !), allez faire un tour au lagoonarium situé près d'un motu (petite île), non loin du récif, à quelques encablures du rivage. Vous y nagerez avec tortues, raies mantas, poissons innombrables, et... quelques requins de bonne taille. Franchement inoubliable !
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