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BRUXELLES CORRESPONDANT
A Bruxelles, ville hissée au rang de capitale internationale, certains secteurs, dont l'antiquité et la brocante, profitent indéniablement du pouvoir d'achat, très supérieur à la moyenne, des cadres et fonctionnaires étrangers.
Au fil des années, le Sablon, quartier traditionnel des familles de patriciens devenu, après la seconde guerre mondiale, le foyer de l'antiquité de luxe, a assis sa réputation. Pratiquant des prix élevés qui, toutefois, restent inférieurs à ceux en vigueur à Paris, Londres ou Amsterdam, il draine chaque week-end de nombreux amateurs dans les quelque 170 magasins recensés autour de sa place et de son église gothique.
Accès. Promotions de printemps pour le voyage Paris-Bruxelles sur www.thalys.com.
Forfaits. Duos train-hôtels, dans les agences, notamment, avec Europauli (train et une nuit, à partir de 140 €), Jet Tours (avec deux nuits, à partir de 170 €), ou avec Nouvelles Frontières (nouvelles-frontieres.fr).
Etapes. Une vaste gamme d'hôtels, à des prix assez élevés. Dans le quartier des antiquaires, le Jolly Hotel du Grand Sablon, 2-4, rue Bodenbroeck, propose des promotions à partir de 90 € la chambre (www.jollyhotels.be).
Tables. Plats traditionnels et bière spéciale au Schieven Architek, place du Jeu-de-Balle. Soirée typique à la brasserie Ploegmans, 148, rue Haute. Ambiance bobo et cuisine savoureuse à L'Idiot du village, 19, rue Notre-Seigneur.
Guide. Guide des Marolles, par Kurt Deruyter, éditions La Renaissance du livre.
Informations. Le site officiel du bureau de tourisme de Bruxelles renseigne sur le séjour et les possibilités de visites à thèmes. Parmi celles-ci "Chiner à Bruxelles" : www.brusselsinternational.be et www.belgique-tourisme.fr.
En contrebas du Sablon on trouve les Marolles. Ce quartier authentiquement populaire tente actuellement de préserver son identité et sa diversité dans une ville en mutation. La pression immobilière et la "gentrification" des quartiers populaires pourraient bien entraîner la disparition de la culture très particulière de ce coeur historique.
Le touriste peut toutefois goûter encore à la simplicité des lieux, à l'ironie des habitants et à la joie de flâner sur le marché aux puces de l'immense place du Jeu-de-Balle, ainsi que dans les quelque 200 magasins recensés dans les Marolles. Quels que soient les moyens, les objectifs et les centres d'intérêt du chineur en visite à Bruxelles, il faut lui conseiller d'enchaîner la visite du Sablon et celle des Marolles, vers lesquelles on se laisse glisser par la rue Joseph-Stevens.
Partant du palais de justice, oeuvre babylonienne de l'architecte Joseph Poelaert, qui perdit la raison dans l'édification de ce "monstre" de 26 000 m², on descend par la rue de la Régence vers le Sablon - il existe en fait un Petit Sablon, charmant square bordé de 48 statuettes représentant les métiers anciens de la ville, et la place du Grand-Sablon. Dans les rues voisines (Allard, Watteuw, des Minimes) on trouve des objets Art nouveau, de l'art africain, des tapis anciens, de la porcelaine précieuse et des tableaux, anciens ou très contemporains. La Chambre des antiquaires de Belgique est établie au coin des rues Allard et Watteuw. Au 23, rue des Minimes, à côté du Musée juif de la ville, un grand magasin de brocante attend les farfouilleurs.
Plus bas, l'église de la Chapelle assure la jointure entre le "haut" et le "bas" du Quartier, le Sablon et les Marolles. Lieu de rencontre des Polonais, cette église résume la confusion bruxelloise avec ses éléments gothiques, romans et baroques additionnés. Deux artères parallèles, la rue Blaes et la rue Haute, regorgent de magasins en tout genre qui font du vieux, du neuf et du faux vieux. Au rayon des mentions spéciales, New Dewolf, 52, rue Blaes, immense caverne d'Ali Baba que son patron lui-même appelle un "zottekot" - une maison de fous - tant elle regorge d'objets en tout genre.
Fins de siècles, 180, rue Haute, propose essentiellement des objets Art déco. Passage 125, rue Blaes, est peut-être "le" paradis du vrai chineur, étalant des milliers de pièces sur les quatre étages d'un ancien temple protestant. Modes, 164, rue Blaes, est le havre des amateurs de vêtements anciens. Haute Antiques, 207, rue Haute, vaut tant par son intérieur et son "brol" - une accumulation de choses, en patois local - que par sa façade de style Beaux-Arts, celle d'un ancien cinéma.
Avant de rejoindre - avant 13 heures, car il ferme tôt - le Marché aux puces, dit le Vieux Marché, il faut aller au 60, rue des Tanneurs voir la façade et l'intérieur du Palais du vin, un bel édifice Art Nouveau rénové qui abrite un restaurant-librairie. Puis faire un crochet par la rue Saint-Ghislain où l'architecte Victor Horta construisit une école maternelle miraculeusement préservée.
Plus loin, le Vieux Marché n'est peut-être plus le lieu des bonnes affaires, tant il est écumé quotidiennement par des professionnels de la brocante. L'accueil y est toutefois plus chaleureux qu'au marché du Sablon où, le samedi et le dimanche, les propriétaires de magasin d'antiquités affichent quelques objets et beaucoup de morgue.
La "bonne occase" n'est pas impossible mais elle se déniche souvent dans les rues avoisinantes, voire dans les nombreux cafés de la place où des professionnels spécialisés négocient l'un ou l'autre type d'objet. Réhydraté par une bière de Chez Marcel et un "pistolet fourré à l'américain" - un sandwich au boeuf tartare - de La Clé d'or, le chineur, bras chargés, peut alors commencer la remontée vers le palais de justice. Depuis quelques années, un ascenseur public rend l'ascension plus aisée depuis la place Breughel.
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