LONDRES (Reuters) - La croissance économique au Royaume-Uni a ralenti au deuxième trimestre à son niveau le plus faible depuis trois ans, en raison de la chute du marché immobilier résidentiel, annonce l'Office national de la statistique (ONS).
Le produit intérieur brut (PIB) du Royaume-Uni a augmenté de 0,2% entre avril et juin, par rapport au trimestre précédent, après une croissance de 0,3% au premier trimestre, ce qui porte le taux de croissance annuel, à 1,6% contre 2,3% au premier trimestre.
La croissance trimestrielle de 0,2% est la plus faible depuis celle du premier trimestre 2005. La croissance annualisée de 1,6% est la plus faible depuis le deuxième trimestre 2005.
Les économistes attendaient une croissance trimestrielle de 0,2% et une croissance annuelle de 1,6%.
L'ONS a précisé que le ralentissement économique était dû à une baisse de 0,7% de l'activité dans le secteur du BTP, soit son plus fort recul depuis le troisième trimestre 2005. Le boom immobilier de dix années qu'a connu la Grande-Bretagne a pris fin et la construction résidentielle est en forte baisse.
Le secteur de la construction aurait même affiché une baisse encore plus prononcée sans les investissements du gouvernement dans les projets d'infrastructure, a précisé l'ONS.
Les promoteurs-constructeurs de logements ont annoncé plus de 4.000 suppressions d'emplois ces dernières semaines.
Le secteur immobilier ne représente que 6% de l'économie britannique mais le secteur tertiaire dans son ensemble, qui représente les deux tiers du PIB, a également beaucoup ralenti au cours des précédents trimestres.
Entre avril et juin, l'activité dans le secteur des services a augmenté de 0,4% et de 2,1% en rythme annuel seulement. Il s'agit de la hausse annuelle la plus faible depuis 1992, alors que le pays sortait de récession.
"La crise du crédit, couplée avec la baisse des prix du logement et la hausse des prix de l'énergie et de l'alimentation, continue à peser sur l'activité, alors que la politique fiscale et la politique monétaire ne peuvent rien pour soulager la douleur", commente James Knightley, économiste chez ING.
La Banque d'Angleterre aura du mal à abaisser le coût du crédit face à une inflation orientée à la hausse. La hausse des prix au Royaume-Uni atteint près du double de l'objectif de 2% que s'est fixé la banque centrale.
Un des membres de la banque d'Angleterre a même envisagé une hausse des taux ce mois-ci.
Bureau de Londres, version française Danielle Rouquié
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25/07/2008 13:13
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