BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne "toute entière, sans exception", approuve les mesures du plan d'action adopté dimanche à Paris par les 15 pays de l'Eurogroupe face à la crise financière internationale, a annoncé mercredi Nicolas Sarkozy au soir du premier jour du Conseil européen.
"Face à une crise d'une ampleur sans précédent, les 27 pays d'Europe ont maintenant une réponse unie, une réponse massive, avec une doctrine d'emploi claire", a déclaré le président français lors d'une conférence de presse.
La Commission et le Conseil européens ont également approuvé, après accord du Parlement européen, une modification des normes comptables applicables aux banques européennes.
La valorisation aux prix des marchés ne s'appliquera plus aux actifs des banques "de façon aveugle" et "parfois absurde", a souligné le président en exercice du Conseil européen.
Cette décision sera applicable dès les résultats du troisième trimestre 2008, a-t-il précisé.
Le Conseil européen a également décidé de créer une cellule de gestion de crise, "un dispositif opérationnel léger, qui n'a pas vocation à se substituer aux institutions existantes", a expliqué le président français.
Elle aura pour mission de favoriser l'échange d'informations, de fournir des conseils et de coordonner les actions entre les Etats membres. Le Conseil européen finalisera jeudi le détail de ce dispositif, qui sera mis en place dans les prochains jours, a ajouté Nicolas Sarkozy.
La crise financière internationale et ses conséquences ont constitué le plat de résistance des discussions des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 mercredi après-midi.
Selon Nicolas Sarkozy, un "grand nombre" d'entre eux ont insisté sur la nécessité de renforcer la supervision du secteur financier européen, notamment en ce qui concerne les groupes transnationaux. "Nous avons donc constaté le besoin d'une coordination considérablement renforcée entre les superviseurs nationaux", a -t-il précisé.
RÉGULATION ET SURVEILLANCE
Selon le président français, l'Union européenne est par ailleurs "unanime à demander la refondation du système financier mondial", car elle n'entend pas laisser passer cette crise sans en tirer les leçons.
"Je crois pouvoir dire que c'est unanime : nous ne voulons pas que demain les mêmes causes produisent les mêmes effets", a insisté le président français.
Cela veut dire qu'aucune institution financière ne doit échapper à une régulation et à une surveillance et que le principe de transparence doit être appliqué à tous les acteurs financiers "sans aucune exception".
Cela signifie aussi un système de rémunération "revu de fond en comble" pour les dirigeants de ces institutions, afin de ne pas favoriser les prises de risques aveugles.
"Tout le monde (au sein de l'UE) est d'accord sur la nécessité de la tenue, à bref délai, d'un sommet mondial" sur ces sujets, a ajouté Nicolas Sarkozy.
Il a souligné qu'il porterait avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ce message sur un "nouveau Bretton Woods", lorsqu'ils rencontreront samedi prochain à Camp David le président américain George Bush.
L'UE préfèrerait que ce sommet se tienne en novembre. Dans une déclaration devant le Conseil européen, quelques heures plus tôt, Nicolas Sarkozy avait aussi dit que sa préférence allait à la ville de New York pour accueillir cette réunion.
Enfin, il a estimé que la crise financière ne devait pas diminuer les ambitions européennes en matière d'environnement.
Le plan de lutte de la Commission européenne contre le réchauffement climatique, dont les modalités sont contestées par les pays d'Europe centrale et orientale nouvellement entrés dans l'Union, a été débattu pendant le dîner des dirigeants de l'UE.
Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il ne transigerait ni sur les objectifs ni sur le calendrier de ce plan et qu'il fallait trouver une solution avant la fin de la présidence française de l'UE, c'est-à -dire avant le 1er janvier 2009.
Julien Toyer et Emmanuel Jarry
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16/10/2008 00:31
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