par Emmanuel Jarry et Julien Toyer
BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants européens se sont réunis mercredi pour reprendre à leur compte la stratégie adoptée dimanche par les pays de la zone euro face à la crise et Nicolas Sarkozy a à nouveau appelé les Vingt-sept à agir pour fonder un nouveau capitalisme.
Une version de travail du projet de conclusion finale du Conseil européen obtenue par Reuters invite l'ensemble des 27 pays membres de l'Union européenne à faire leurs les principes énoncés par les pays de l'Eurogroupe à Paris.
Plusieurs sources diplomatiques européennes ont fait état de réticences de la part de la République tchèque et la Hongrie à entériner le plan défini par l'Eurogroupe dimanche.
Tchèques et Hongrois, qui considèrent qu'il s'agit d'un chèque en blanc pour les banques et que l'Etat n'a pas à intervenir pour réguler le marché, ne devraient cependant pas bloquer l'adoption de la déclaration finale.
Selon le projet de déclaration, les 27 s'engagent à prendre "en toutes circonstances" les mesures nécessaires pour "préserver la stabilité du système financier, soutenir les institutions financières importantes, éviter les faillites et assurer la protection des dépôts des épargnants".
Le projet de déclaration reprend la proposition, défendue par la France, présidente en exercice de l'UE, d'une "cellule de crise financière" au niveau de l'Union.
Ce dispositif d'alerte, d'échange d'informations et d'évaluation "pourra être saisi à tout moment par un Etat membre", veillera à la coordination des acteurs concernés et suggèrera, le cas échéant, une réaction commune.
NOUVEAU BRETTON WOODS
Nicolas Sarkozy, qui a ouvert le Conseil européen en sa qualité de président de l'UE, a réitéré son appel à un "nouveau Bretton Woods" qui, selon ses voeux, pourrait se tenir d'ici la fin de l'année à New York.
"Cette crise est la crise de trop", a-t-il poursuivi, selon le texte de son intervention distribué à la presse. "Il faut refonder le système. Cette refondation doit être globale".
Plus tôt, le Premier ministre britannique Gordon Brown et la chancelière allemande Angela Merkel s'étaient eux-aussi prononcés en faveur d'une telle réunion.
"Je pense qu'un sommet sur les grands changements dans l'économie internationale peut se tenir au cours des prochains mois", a déclaré le Premier ministre britannique, Gordon Brown.
L'idée française d'un sommet du G8 élargi aux pays émergents d'ici fin 2008 figurait également dans le texte du projet de déclaration.
"L'Union européenne doit oeuvrer avec ses partenaires internationaux à une réforme réelle et complète du système financier international fondée sur les principes de transparence, de solidité bancaire, de responsabilité, d'intégrité et de gouvernement mondial", y lit-on.
Ce sommet pourrait réunir les membres du G8 ainsi que la Chine, le Brésil, l'Inde, l'Afrique du Sud et le Mexique.
CLIMAT ET ÉNERGIE
Cherchant à tirer partie de perspectives économiques difficiles, plusieurs pays ont souhaité que les discussions sur le paquet énergie-climat soient remises à plus tard.
Un groupe de huit pays, emmené par la Pologne, s'était auparavant réuni pour tenter de faire pression sur le Conseil et obtenir un report des discussions.
Interrogé par Reuters, le secrétaire d'Etat polonais aux Affaires européennes, Mikolaj Dowgielevicz, a répété que ce paquet énergie-climat pénalisait, en l'état, les économies de plusieurs des nouveaux Etats membres de l'UE.
"Il n'y a pas de solution pour les pays comme la Pologne qui dépendent du charbon pour produire de l'énergie. Donc il n'y a pas vraiment les conditions pour la conclusion d'un accord général en décembre", a-t-il dit.
Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi s'est quant à lui prononcé en faveur d'une certaine flexibilité sur ce plan européen contre le réchauffement climatique.
"A l'heure actuelle, il y a une crise qui rend difficile pour les économies, et pas seulement pour l'économie italienne, de faire face à l'impact très couteux de ce plan", a-t-il dit.
Le député européen allemand Werner Langen, qui représente le Parlement européen dans les négociations avec les Etats membres a indiqué que Rome était proche de soutenir une proposition française de repousser de 2012 à 2015 la date de référence en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
La présidence française de l'Union européenne souhaite que ce paquet énergie-climat soit adopté en décembre, sans rouvrir le débat sur la répartition des efforts entre les Vingt-Sept sur la réduction des émissions de CO2.
Edité par Yves Clarisse
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15/10/2008 20:20
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