«Une vraie révolution» a assuré hier la ministre de l’économie Christine Lagarde dans Le Parisien. Dès 2010, une nouvelle loi permettra à chaque emprunteur souscrivant un prêt immobilier de choisir librement son assurance décès-invalidité ou perte d’emploi.
Sur le papier, l’annonce est de taille : jusqu’à présent les banques peuvent imposer aux emprunteurs d’adhérer aux contrats d’assurances qu’elles commercialisent. 90 % des emprunteurs souscrivent ainsi les assurances de leurs banques, une infime minorité réussissant à négocier une délégation d’assurance auprès d’un autre organisme.
Sachant que l’assurance représente entre 10 et 15% du coût total du crédit, cette ouverture à la concurrence promet un bel appel d’air pour les candidates à l'achat.
Selon le courtier Empruntis, une jeune de 30 ans ayant souscrit un prêt de 200.000 euros sur 20 ans peut réaliser une économie d'environ 5.000 euros en choisissant une assurance autre que celle proposée par sa banque.
Tout le monde ne profitera pas pour autant de la libéralisation du marché. En particulier les emprunteurs dits à risque : personnes âgées de plus de 45 ans, fumeurs… « Un peu plus de 10% des emprunteurs risquent de payer plus chers leur assurance à l’avenir, prévient Stanislas di Vittorio, fondateur du courtier en ligne Assurland.com. Aujourd’hui les banques proposent en effet des contrats mutualisés pour tous les clients de l’établissement. Ce système profite avant tout aux profils à risque qui paient ainsi moins cher que dans le cadre d’une assurance individuelle. Mais cela ne sera plus d'actualité si les plus jeunes vont voir ailleurs».
Rien ne dit enfin que les banques joueront vraiment le jeu de la concurrence. Selon le ministère, les établissements bancaires seront tenus d’accepter une assurance alternative, à condition que celle-ci offre « une garantie équivalente à celle proposée par le banquier. » Problème : « aucun contrat n’est identique et rien n’empêchera une banque de pointer une ou plusieurs exclusions spécifiques non conformes à son contrat », remarque Stanislas Di Vittorio. De quoi prédire de belles empoignades entre emprunteurs et banquiers.
© Capital.fr
26/11/2008 09:41
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