En pleine tourmente immobilière, la Fédération des promoteurs constructeurs de France réunit ce matin à Paris experts et professionnels de l’immobilier pour faire le point sur l’évolution du marché résidentiel neuf en France. Son président Jean-François Gabilla dresse un état des lieux du secteur et dévoile ses attentes.
Capital.fr: Le Ministère de l’Ecologie a annoncé la semaine dernière une chute 44% des ventes dans le neuf sur un an. A quoi faut-il s'attendre pour 2009 ?
Jean-François Gabilla : La conjoncture est très difficile pour l’ensemble de la profession. Nous atteindrons cette année 75 000 à 80 000 ventes de constructions neuves contre plus 127 000 en 2007. A ce rythme, nous ne ferons d’ailleurs pas mieux que 60 000 à 65 000 ventes l’an prochain. Nous attendons désormais des signes forts de la part du gouvernement. Les choses pourraient donc peut-être s’améliorer…
Capital.fr: Quelles mesures permettraient de relancer le secteur ?
Jean-François Gabilla : Trois dispositions nous paraissent aujourd’hui essentielles. Tout d’abord, la baisse de la Tva à 5,5% pour l’achat de logements neufs par les ménages respectant le plafond de ressources du prêt à taux 0. Il faut ensuite doubler le plafond de ce prêt à taux 0. Enfin, il serait souhaitable de permettre le doublement du plafond de l’exonération d’impôts pour l’investissement locatif : ce plafond est aujourd’hui fixé à 10 700 euros. Ce niveau est d'autant plus insuffisant qu’il n’a pas bougé depuis 2000.
Capital.fr: Vous avez aussi récemment évoqué l’amélioration du système du Pass Foncier un dispositif d’aides qui permet de financer sa maison et son terrain en deux temps…
Jean-François Gabilla : Tout à fait. Ce système fonctionne très mal aujourd’hui car il est conditionné à des aides des collectivités territoriales contraintes de verser 3000 à 5000 euros par logement. Or beaucoup d’entre-elles ne peuvent financer les Pass foncier à cette hauteur. En baissant le prix de la subvention à 500 ou 1000 euros, nous permettrions à beaucoup plus de collectivités de jouer le jeu. D'avantage de primo-accédants profiteraient ainsi du dispositif.
Capital.fr: Nicolas Sarkozy ne s’est pas encore clairement prononcé sur les mesures envisagées pour venir en aide au bâtiment, mais a appelé à une baisse des prix de l’immobilier. Est-ce réaliste ?
Jean-François Gabilla : Nous ne pourrons baisser les prix de la construction qu’à condition de revoir toute la chaîne de production du bâtiment. Aujourd’hui, nous sommes contraints par des règlementations de plus en plus nombreuses… Bien évidemment les nouvelles normes handicapées s’imposent comme une nécessité, mais elles viennent s’ajouter à des normes sur les prises électriques, les prises téléphoniques… D’autre part les prix des terrains doivent aussi baisser. Là encore seule une volonté politique pourra permettre aux collectivités de développer l’offre de terrains constructibles… Condition essentielle pour faire baisser les prix
Propos recueillis par Guillaume Chazouilleres
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02/12/2008 09:46
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