PERTH (Reuters) - Les cours du pétrole remontent vers le seuil de 133 dollars le baril lundi, amplifiant leur progression de vendredi après l'annonce de perturbations dans la production d'un gisement norvégien et alors que le dollar reste orienté à la baisse.
A 5h18 GMT, le contrat juillet sur le brut léger américain gagnait 71 cents, soit 0,54%, à 132,90 dollars le baril et le Brent prenait 73 cents (0,55%) à 132,30 dollars.
"Le marché donne toujours la priorité aux préoccupations touchant l'offre et l'arrêt du champ de Statfjord est un problème", explique Gerard Burg, analyste matières premières de la National Australia Bank.
Une fuite sur les installations de Statfjord perturbe depuis samedi la production de la compagnie norvégienne StatoilHydro, amputée de 138.000 barils par jour (bpj).
StatoilHydro a expliqué dimanche que la fuite avait été réparée et que les préparatifs en vue d'une reprise des pompages avaient débuté.
Même si cette perturbation est de courte durée, elle met en évidence la prééminence des préoccupations liées à l'offre sur le marché.
Une enquête de Reuters a montré la semaine dernière que la production des pays extérieurs à l'Opep avait stagné ces derniers temps et qu'elle devrait rester inférieure à 50 millions de bpj jusqu'à la fin de l'année.
Du côté de l'Opep, les Emirats arabes unis ont assuré dimanche par la voix de leur ministre du Pétrole que le cartel était prêt à produire davantage en cas de besoin. Mais ce ministre s'est refusé à dire si la production Opep augmenterait en juin.
Les analystes soulignent que la faiblesse persistante du dollar - toujours proche de son plus bas niveau depuis un mois face à l'euro - contribue à soutenir les prix du brut.
Face à ces facteurs, la peur d'un ralentissement de la demande mondiale provoquée par la crise financière et ses conséquences sur l'économie réelle ne suffit pas à freiner la hausse du baril.
Aux Etats-Unis, de premiers signes de ralentissement sont néanmoins apparus : selon des statistiques publiées vendredi, le trafic sur les autoroutes américaines, mesuré en kilomètres parcourus, a diminué de 4,3% en mars par rapport au même mois de l'an dernier, la première baisse pour un mois de mars depuis le choc pétrolier de 1979.
Le trafic du week-end prolongé du Memorial Day, célébré lundi, devrait quant à lui reculer de 1%, sa première diminution depuis 2002.
Fayen Wong, version française Marc Angrand
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