PARIS (Reuters) - Les banques françaises ont bien résisté à la crise financière mais la vigilance s'impose car le système bancaire français "n'est pas plus qu'un autre à l'abri de nouveaux développements négatifs de la crise", estime le gouverneur de la Banque de France.
"La conjoncture actuelle appelle (...) à la vigilance car les banques doivent en permanence être préparées à faire face à la matérialisation toujours possible de nouveaux risques", a déclaré Christian Noyer lors d'une conférence de presse de présentation du rapport annuel de la Commission bancaire, l'organe de supervision du système bancaire français, dont il est le président.
"L'exercice de l'activité bancaire reste marqué par un degré élevé d'incertitude en 2008", a-t-il prévenu.
"Dans le monde financier globalisé, les canaux de contagion de turbulences financières peuvent être multiples. Il convient donc de rester très vigilant", a-t-il ajouté.
"Les résultats des grandes banques (françaises) au cours du premier trimestre 2008 (...) démontrent l'effet persistant des risques liés à la crise, avec des pertes de valorisation d'actifs et une hausse du coût du risque."
Christian Noyer a rappelé que la profitabilité des banques françaises, mesurée par un indicateur synthétique comme le ROE, s'était inscrit en baisse sur les trois premiers mois de cette année, à 14% en moyenne pour les trois plus grandes banques françaises, contre 18,9% au premier trimestre 2007.
Le président de la Commission bancaire a aussi souligné la résistance des banques françaises au cours de la crise financière.
"Les banques françaises sont parvenues à maintenir un niveau de solvabilité satisfaisant, ce qui prouve la capacité de résistance du système bancaire français à faire face à une crise d'une ampleur et d'une complexité majeures", a-t-il déclaré.
"L'exposition globale du système bancaire français aux facteurs de risques révélés par la crise des 'subprimes' s'avère moins élevée que dans d'autres pays du G10", a-t-il relevé.
Christian Noyer a souligné que "malgré le recul des revenus, l'assise financière du système bancaire français demeure solide".
Le ratio de solvabilité sur fonds propres de base (Tier 1) a atteint 7,1% à fin 2007 en moyenne pour les trois grands groupes bancaires français, un niveau très supérieur au minimum de 4% fixé par la réglementation, a rappelé Christian Noyer.
"Le niveau satisfaisant de fonds propres" a permis aux grands groupes bancaires français de "conserver une qualité élevée de notation de la part des grandes agences internationales", a noté le président de la Commission bancaire.
Il a par ailleurs mis en garde contre les risques liés aux 'hedge funds'.
"La hausse du risque de contrepartie sur ces entités non régulées reste une possibilité", a-t-il prévenu en évoquant "sa conjonction possible avec le risque matières premières".
Marc Joanny et Jean-Michel Belot, édité par Pascale Denis
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26/06/2008 10:05
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