NEW YORK (Reuters) - L'économie américaine a de nouveau supprimé plusieurs dizaines de milliers d'emplois en juin, une tendance observée pour le sixième mois consécutif, la plus longue depuis 2002, selon les chiffres publiés jeudi par le département du Travail.
Quelque 62.000 emplois ont disparu le mois dernier au sein de l'économie américaine, ce qui porte à 438.000 le nombre de postes supprimés depuis le début de l'année.
Le taux de chômage s'est maintenu à 5,5%.
Les analystes interrogés par Reuters tablaient sur un taux de chômage de 5,4% et sur 60.000 suppressions de postes contre 62.000 en mai.
"Nous sommes sans aucun doute dans une période de ralentissement de la croissance (...) et cela a un impact sur l'emploi", a réagi Dana Perino, porte-parole de la Maison blanche.
Ces chiffres ont fait réagir les candidats démocrate et républicain à l'élection présidentielle de novembre.
Barack Obama a ainsi déclaré que "le peuple américain payait le prix de l'échec de la politique économique menée ces huit dernières années".
"Notre objectif doit être clair: il faut prendre des décisions politiques permettant de créer des emplois aujourd'hui", a pour sa part estimé son concurrent républicain John McCain.
Ces suppressions d'emplois, qui se poursuivent depuis six mois font de cette période la plus longue enregistrée aux Etats-Unis depuis le début des années 2000.
Entre mars 2001 - alors que la bulle liée à l'internet et aux télécoms était en train d'éclater - et mai 2002, ce qui correspond à la période de la dernière récession aux Etats-Unis, l'économie américaine n'avait cessé de détruire des emplois mois après mois.
Un deuxième rapport publié jeudi montre par ailleurs que le nombre de demandes d'indemnisations du chômage a augmenté de 16.000 la semaine dernière pour atteindre 404.000, alors que les économistes attendaient une légère baisse.
LE BTP ET LA FINANCE TRÉS TOUCHÉS
Les marchés ont toutefois réagi positivement à ces chiffres, certains investisseurs ayant anticipé des chiffres plus médiocres.
"Le nombre des suppressions d'emplois est conforme aux attentes. Il montre que le marché de l'emploi reste très calme. Il ne s'agit pas d'un chiffre spectaculaire, mais il est évident que les groupes alignent leurs coûts sur la conjoncture", commente Gary Thayer, économiste chez Wachovia Securities.
Le salaire horaire moyen, surveillé de près par la Réserve fédérale qui guette là un indice des tensions inflationnistes, a augmenté de six cents en juin à 18,01 dollars, portant l'augmentation annuelle à 3,4%, ce qui constitue l'évolution la plus faible depuis janvier 2006.
Dans la construction, 43.000 emplois ont été perdus, conséquence du ralentissement de l'activité immobilière, tandis 33.000 postes ont disparu dans le secteur manufacturier.
La crise financière a quant à elle provoqué la perte de 51.000 emplois dans le secteur des services aux professionnels, conséquence de la crise des subprimes.
Les services ont quant à eux créé 7.000 postes mais cette valeur est bien loin de la progression à trois chiffres enregistrée auparavant.
L'indice ISM des directeurs d'achats du secteur des services, publié également jeudi, a confirmé cette impression. A 48,2, l'indice a marqué une détérioration inattendue et montre que le secteur est en contraction. Les 76 économistes interrogés par Reuters s'attendaient en moyenne à 51,0.
La semaine dernière, la Fed a mis un terme à son cycle de baisses de ses taux d'intérêt, initié pour juguler l'effondrement du marché immobilier. Elle a maintenu son taux directeur à 2% et a prévenu que les risques d'inflation se multipliaient dans un contexte de hausse quasi-continue des prix de l'énergie et des produits alimentaires.
"Cela (les chiffres de l'emploi) montre bien que la Réserve fédérale doit rester pour l'instant sur ses positions. Nous avons observé des destructions d'emplois durant toute l'année et une hausse des taux d'intérêt détériorerait davantage encore l'économie", a estimé Gary Thayer de Wachovia Securities.
Alister Bull (BULL) version française Nicolas Delame
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03/07/2008 18:26
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