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La France espère voir les Européens jouer un "rôle pivot" au G8

par Emmanuel Jarry


PARIS (Reuters) - La France espère voir les Européens jouer un "rôle pivot", notamment dans le dossier du réchauffement climatique, au sommet du G8 qui s'ouvre lundi dans la station thermale de Toyako, dans le nord du Japon.


L'entourage du président français Nicolas Sarkozy fait valoir que le président américain George Bush est en fin de mandat et que son homologue russe, Dimitri Medvedev, vient au contraire tout juste de commencer le sien.


"On aura donc des Européens qui seront un peu en position pivot", souligne un conseiller du chef de l'Etat français.


Le ralentissement de l'économie mondiale, la faiblesse du dollar, l'envolée des prix du pétrole, des autres matières premières et des produits alimentaires et les négociations laborieuses du cycle de Bali sur le réchauffement climatique rendent ce G8 "exceptionnellement important", estime l'Elysée.


Paris espère que les Européens pourront persuader leurs partenaires du G8 et les grands pays émergents invités à  prendre des engagements sur la réduction des gaz à  effet de serre (GES).


Ce sera un enjeu des discussions de mercredi entre les chefs d'Etat et de gouvernement des 16 pays responsables de 80% des émissions de CO2 dans le monde - G8, Chine, Inde, Afrique du Sud, Brésil, Mexique, Corée du Sud, Indonésie et Australie.


"Est-ce que l'effort qu'annonceront les pays du G8 sera suffisamment convaincant pour amener les pays émergents à  dire d'accord, nous sommes prêts à  nous engager à  notre tour ? Si cela peut prendre une forme écrite à  Toyako, on aura rempli notre contrat", explique la présidence française.


Pour l'Elysée, il faudrait que les pays industrialisés prennent l'engagement "ferme et définitif" de réduire de 50% leurs d'émissions en 2050 par rapport à  1990 et que les pays émergents acceptent le même objectif "selon des modalités différentes, chacun ayant un point de départ différent".


L'entourage du chef de l'Etat français veut croire que la France jouera un "rôle décisif" dans les discussions de Toyako, en tant que présidente en exercice de l'Union européenne.


Nicolas Sarkozy a fait de l'adoption d'un plan européen de lutte contre le réchauffement climatique une priorité de cette présidence, avec l'espoir que l'UE pourra alors entraîner à  sa suite les autres pays participants aux négociations de Bali.


Si le Japon défend des positions très proches de celles des Européens, il sera beaucoup plus difficile de convaincre les Etats-Unis, la Russie, le Canada et les pays émergents.


Au sommet de juin 2007 à  Heiligendamm, en Allemagne, George Bush avait accepté de "considérer sérieusement" l'objectif d'une réduction de moitié des émissions de CO2 d'ici 2050 mais pas de rendre cet objectif contraignant.


SARKOZY SANS CARLA BRUNI


Un proche collaborateur de Nicolas Sarkozy confiait vendredi avoir "un pronostic réservé au stade actuel de la discussion" sur ce sujet qui sera, selon lui, "le plus difficile" à  Toyako.


La présidence française se montre beaucoup plus optimiste pour les discussions sur la crise alimentaire : selon elle, la déclaration finale reprendra "très largement" le plan présenté par Nicolas Sarkozy le 3 juin au sommet de la FAO à  Rome.


Il avait proposé de demander aux meilleurs experts mondiaux de la question un diagnostic, sur le modèle de ce qui a été fait pour le climat, de réorienter vers l'agriculture vivrière les financements des banques de développement et de réorganiser les instances internationales de l'agriculture et de l'alimentation.


Nicolas Sarkozy devrait plaider lundi, lors de discussions entre le G8 et sept chefs d'Etats et de gouvernements africains, pour une approche plus qualitative que quantitative de l'aide au développement de l'Afrique, laisse aussi entendre l'Elysée.


Il devrait par ailleurs réaffirmer à  ses partenaires que le dollar est "trop faible" par rapport à  l'euro et l'appréciation du Yuan chinois "trop lente".


Il aura enfin l'occasion de défendre de nouveau l'idée d'un élargissement du G8 à  la Chine, l'Inde, le Brésil, le Mexique et l'Afrique du Sud, voire à  un grand pays musulman ou arabe.


Il aura des entretiens bilatéraux avec Dimitri Medvedev, le président chinois Hu Jintao, son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika, et le Premier ministre japonais, Yasuo Fukuda.


Selon l'Elysée, il annoncera après son entretien avec Hu Jintao, mercredi, s'il participe ou non le 8 août à  la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin. Abdelaziz Bouteflika pourrait faire savoir s'il sera ou non au sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée, le 13 juillet à  Paris.


A Heiligendamm, c'est un Nicolas Sarkozy au sommet de sa popularité, tout juste élu et soucieux de se faire une place parmi les grands dirigeants du monde qui avait fait ses premiers pas de chef d'Etat sur la scène internationale avec sa "première dame" de l'époque, Cécilia.


Un an plus tard, le président français est au plus bas dans les sondages d'opinion et va au Japon sans sa nouvelle épouse, la chanteuse et ancien mannequin d'origine italienne Carla Bruni, à  la grande déception, d'ailleurs, des Japonais.


En 2007, Cécilia Sarkozy avait quitté prématurément Heiligendamm, en prétextant l'anniversaire d'une de ses filles.


Cette fois le motif invoqué par l'Elysée pour expliquer l'absence de Carla Bruni est la sortie de son nouveau disque, avancée au 11 juillet au lieu du 21.


Edité par Pascal Liétout


 


05/07/2008 14:19


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