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Sarkozy confirme l'extradition de Petrella mais veut sa grâce

TOYAKO, Japon (Reuters) - Nicolas Sarkozy a confirmé la prochaine extradition de l'ex-brigadiste italienne Marina Petrella, actuellement détenue en France, dont le président va toutefois demander la grâce à  Rome, dans un "geste humanitaire".


"Conformément aux accords européens que nous avons signés et aux décisions de justice qui ont été rendues, sous réserve que le Conseil d'Etat confirme, la France extradera Mme Petrella", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au sommet du G8 de Toyako, au Japon.


Le chef de l'Etat a dit avoir demandé au président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, de solliciter cette grâce auprès du président de la République, Giorgio Napolitano, "compte tenu de l'ancienneté de la condamnation et de la situation psychologique et de santé" de la détenue.


Condamnée en Italie à  la réclusion criminelle à  perpétuité, l'ancienne membre des Brigades rouges avait été arrêtée en août 2007 en région parisienne. Le décret d'extradition la concernant a été signé début juin par le Premier ministre, François Fillon.


Nicolas Sarkozy a précisé avoir reçu une "réaction positive" de la part de Silvio Berlusconi, qui partage selon lui son analyse et a accepté d'intervenir auprès de Giorgio Napolitano.


Il a indiqué qu'il écrirait dès son retour du Japon aux deux dirigeants italiens "pour préciser les conditions dans lesquelles nous demandons ce geste humanitaire".


"Si l'humanitaire consiste à  dire que je ne dois pas respecter une décision de justice, c'est curieux. Donc je préfère prendre un autre chemin qui est celui d'en appeler, pour des raisons humanitaires, au pardon", a ajouté le président.


Interrogé sur une éventuelle généralisation de ces demandes de grâce, Nicolas Sarkozy a estimé qu'elles devaient rester "individuelles et à  titre humanitaire"


"Si c'était présenté comme une mesure collective, ça ne marcherait pas", a-t-il fait valoir.


HOSPITALISÉE À LA PRISON DE FLEURY-MÉROGIS


Aujourd'hui âgée de 53 ans, Marina Petrella a été condamnée le 6 mars 1992 en son absence par la cour d'assises de Rome à  la réclusion à  perpétuité pour le meurtre d'un policier, tentative de séquestration et d'homicide, séquestration d'un magistrat, vol avec arme et attentats.


Invitée sur Europe 1 mardi, le garde des Sceaux Rachida Dati a précisé que Marina Petrella, hospitalisée d'office au service de santé de Fleury-Mérogis, au sud de Paris, serait extradée dès que son état de santé le permettrait.


"La décision est définitive. Elle sera extradée en Italie et elle sera traitée dans les mêmes conditions qu'elle a pu être traitée en France", a dit la ministre, invoquant dans cette affaire "la souveraineté des Etats dans le cadre de l'indépendance de leur justice".


Marina Petrella, qui avait fui en France au milieu des années 1980, y résidait en règle avec un titre de séjour et possédait un domicile sous sa vraie identité à  Argenteuil (Val-d'Oise), où elle vivait avec sa fille de dix ans.


Son cas a suscité les protestations de l'extrême gauche française, pour qui la France a rompu sans raisons un engagement envers ceux ayant renoncé à  la lutte armée.


Les Brigades rouges, groupe le plus connu des "années de plomb" italiennes, ont notamment enlevé et assassiné en 1978 le président du Conseil démocrate-chrétien Aldo Moro.


Les anciens activistes d'extrême gauche italiens sont réfugiés par dizaines en France, où ils ont longtemps bénéficié d'une immunité de fait, en raison d'une position exprimée par l'ancien président socialiste François Mitterrand, qui excluait toutefois explicitement les auteurs de crimes de sang.


Cette immunité de fait a pris fin avec l'extradition le 25 août 2002 de Paolo Persichetti, condamné à  22 ans de prison, puis la procédure qui a visé en 2004 Cesare Battisti. Ce dernier est détenu au Brésil après une fuite consécutive au feu vert de la justice française à  son extradition.


Une douzaine de criminels condamnés sont toujours demandés par Rome à  Paris.


Emmanuel Jarry avec Elizabeth Pineau à  Paris, édité par Pascal Liétout


 


08/07/2008 13:15


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