WASHINGTON (Reuters) - George Bush renonce à la menace d'opposer son veto à la proposition de loi destinée à soutenir le marché immobilier résidentiel américain, qui traverse actuellement sa pire crise depuis la Grande dépression des années 30.
Un porte-parole de la Maison blanche a indiqué que le président américain signerait cette loi dans la mesure où elle était nécessaire pour trouver une solution à cette crise, malgré les inquiétudes portant sur une disposition permettant d'octroyer des prêts pour acheter et restaurer des maisons saisies.
"Nous pensons que nous n'avons pas le temps de prolonger cette bataille de veto", a déclaré Dana Perino, porte-parole de la Maison blanche.
L'administration Bush a proposé il y a dix jours de mettre en place un mécanisme de soutien financier temporaire aux deux grands organismes américains de refinancement du crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac.
Fannie Mae et Freddie Mac, les deux piliers du crédit immobilier américain, détiennent ou garantissent la moitié des 12.000 milliards de dollars de crédit immobiliers en cours aux Etats-Unis.
La Chambre des représentants devrait adopter ce texte dès mercredi. Il devrait ensuite retourner au Sénat pour une dernière lecture.
Le leader de la majorité démocrate au Sénat Harry Reid a déclaré qu'il souhaitait que la loi soit envoyée au président dès mercredi également, mais a averti que cette transmission pourrait être différée par les élus républicains.
Le secrétaire au Trésor Henry Paulson a de son côté indiqué qu'il avait recommandé à George Bush de laisser ses objections de côté dans la mesure où ces réformes étaient primordiales pour Freddie Mac et Fannie Mae.
Selon des analystes, le mécanisme destiné à soutenir Fannie et Freddie, qui obtiendraient une ligne de crédit renforcée du Trésor américain, pourrait coûter 25 milliards de dollars.
Le Trésor pourrait par ailleurs acheter des titres de Fannie Mae et Freddie Mac, qui seraient contrôlés par une nouvelle autorité de régulation.
Enfin, le volume de prêts hypothécaires que Fannie et Freddie ainsi que la Federal Housing Administration (FHA) peuvent garantir serait étendu, ce qui permettrait de refinancer jusqu'à 300 milliards de dollars de prêts en situation difficile.
L'abandon de ce veto de la part de George Bush a entraîné une forte hausse en Bourse des spécialistes du refinancement du crédit immobilier, Freddie Mac et Fannie Mae.
Tabassum Zakaria, version française Julien Toyer
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