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Un dirigeant d'Arianespace veut plus d'investissements français

PARIS (Reuters) - La France doit investir d'urgence dans Ariane car la fusée est pour la première fois menacée de disparition, écrit le président d'honneur d'Arianespace, Frédéric d'Allest, dans une tribune publiée dans Le Monde.


Pour sauver la fusée, la France doit investir 5% de plus dans les programmes spatiaux européens et autant de moins dans les programmes nationaux et bilatéraux, estime-t-il.


Ceci permettrait de remplacer un étage d'Ariane par un étage équipé d'un moteur plus puissant pour porter de neuf à  12 tonnes sa capacité de lancement, une évolution nécessaire pour rester compétitive.


"Pour la première fois, Ariane est clairement en grave danger de déclin par manque d'anticipation et de volontarisme", écrit Frédéric d'Allest.


C'est en effet la première fois depuis le premier lancement d'Ariane en 1979 que le lanceur se trouve en limite de capacité sans qu'une version plus puissante soit en cours de développement, explique-t-il.


"Si une impulsion politique à  haut niveau n'est pas très rapidement donnée par la France, le résultat, c'est-à -dire le déclin d'Ariane d'ici trois ou quatre ans et sa disparition du marché commercial au terme d'un petit nombre d'années, sera imparable", ajoute-t-il.


Selon l'ex-premier président d'Arianespace, la France doit profiter du conseil ministériel européen sur les affaires spatiales prévu en novembre pour donner une nouvelle impulsion à  Ariane.


"Il ne fait pas de doute qu'elle sera suivie", écrit Frédéric d'Allest, "en effet, certains de ses partenaires au sein de l'Agence spatiale européenne s'interrogent aujourd'hui sur ses hésitations et attendent une initiative de sa part".


Pour porter à  douze tonnes la capacité de lancement d'Ariane, la France doit augmenter pendant quelques années d'environ 10% sa contribution à  l'Agence spatiale européenne, ce qui représente 5% du budget total du Centre national d'études spatiales, estime Frédéric d'Allest.


Alors que l'investissement français est réparti à  50/50 entre les programmes européens et les programmes nationaux ou bilatéraux, "il faut accepter de déplacer ce curseur, vieux de près de trente ans, vers le ratio 55/45", dit-il.


"Cela suppose certainement des arbitrages délicats mais qui peut défendre que cela est impossible alors que c'est le socle du programme spatial français et européen qui est gravement menacé ?", poursuit Frédéric d'Allest.


Jean-Baptiste Vey


 


05/08/2008 13:57


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