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Les résultats trimestriels résistants en Europe, doutes sur 2009

par Dominic Lau


LONDRES (Reuters) - Les résultats de sociétés en Europe ont globalement bien résisté au deuxième trimestre mais les estimations pour 2009 semblent en revanche toujours trop optimistes pour refléter réellement le ralentissement de l'économie mondiale qui se profile à  l'horizon.


Selon les données Thomson (TMS) Reuters de 219 entreprises du DJ Stoxx 600 qui ont déjà  publié, 56% d'entre elles ont annoncé des trimestriels supérieurs aux attentes et 43% des chiffres moins bons que prévu.


En revanche, les anticipations de bénéfices sont régulièrement revues à  la baisse et le mouvement ne semble pas devoir s'arrêter, l'économie de la zone euro s'étant contractée au deuxième trimestre tandis que le boom asiatique donne lui aussi des signes de ralentissement, comme la contraction inattendue du PIB de Hong Kong sur la même période l'a montré.


Stratèges et gérants de fonds estiment que dans cet environnement, le consensus donnant une croissance moyenne de 10% des bénéfices des entreprises européennes l'an prochain est irréaliste. Selon eux, les révisions vont surtout toucher les secteurs dépendant de la consommation des ménages.


"Le climat économique que nous observons à  l'heure actuelle et les problèmes auxquels les entreprises sont confrontées vont entraîner à  nos yeux une pression sur les marges. Par conséquent, une croissance de 10% des bénéfices en 2009 n'est pas réaliste", résume Stanley Pearson, responsables equities Europe chez Standard Life.


Certains analystes ont également révisé en forte baisse leur estimation de la croissance des bénéfices en 2008 pour les entreprises européennes, puisqu'ils n'attendent plus qu'une augmentation de 1,2% alors qu'au tout début de l'année, ils tablaient sur +10%.


Les stratèges de Morgan Stanley visent quant à  eux une baisse moyenne de 14% des résultats des entreprises en Europe en 2008, alors qu'ils anticipaient auparavant une contraction plus marquée (-16%). Pour 2009 en revanche, ils sont plus pessimistes et président une baisse de 17% des bénéfices.


"Le prochain 'Bull (BULL) market' ne commencera pas avant qu'on ait touché le creux de la vague en matière de bénéfices, ce qui devrait selon nous se produire vers la fin de l'année prochaine", ajoute Morgan Stanley dans une note.


"Les investisseurs sont sceptiques quant aux prévisions de bénéfices", résume James Buckley, gérant chez Baring Asset Management. Il s'attend par ailleurs à  ce que les résultats du troisième trimestre soient similaires à  ceux du deuxième, marqués par des performances "loin d'être spectaculaires, mais qui ont certainement échappé au pire des scénarios."


DES SECTEURS AUX FORTUNES DIVERSES


Selon la banque UBS, les secteurs des logiciels, de la santé et de la distribution alimentaire ont tiré leur épingle du jeu avec des résultats généralement meilleurs que prévu au deuxième trimestre, tandis que les entreprises financières diversifiées, les assurances et le transport ont compté le plus grand nombre de déceptions.


"Le T3 pourrait en fait s'avérer correct car plusieurs facteurs jouent actuellement en faveur des entreprises européennes", poursuit Buckley. "Le dollar s'est renforcé, les prix des matières premières sont redescendus plutôt nettement. Je pense que le T3 pourrait encore nous surprendre en ne ressemblant pas au désastre annoncé."


En ce qui concerne 2009, les résultats dépendront de l'environnement macro économique mondial et surtout de la croissance que l'Asie et l'Amérique latine enregistreront réellement l'an prochain.


L'économie américaine et européenne marquant quant à  elle déjà  le pas, Stephen Pope, directeur de recherche chez Cantor Fitzgerald Europe, recommande aux investisseurs les entreprises ayant une exposition plus importante aux marchés émergents.


Pearson, de Standard Life, estime toutefois qu'un ralentissement de la croissance en Chine et sur les autres marchés émergents exercera aussi une pression sur les marges des entreprises. Il a donc augmenté son exposition aux secteurs pharmaceutiques, télécommunications et technologiques.


Morgan Stanley continue pour sa part d'être à  "surpondérer" sur les valeurs défensives, notamment la santé, et à  "sous-pondérer" sur les compartiments cycliques tels que l'industrie.


Version française Gilles Guillaume


 


20/08/2008 16:37


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