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La conférence d'Accra sur le climat marquée par l'urgence

par Alister Doyle


ACCRA (Reuters) - Les émissaires de près de 160 pays ont lancé jeudi au Ghana une nouvelle session de discussions sur un traité censé succéder au protocole de Kyoto, marquée par des appels à  accélérer les négociations.


Hôte de cette conférence, qui réunit un millier de représentants et doit durer une semaine, le président ghanéen John Kufuor a rappelé que le temps pressait pour trouver un accord sur la lutte contre le réchauffement climatique.


"Le compte à  rebours est lancé", a-t-il dit en ouverture de cette troisième des huit conférences qui doivent aboutir à  l'élaboration, d'ici fin 2009, d'un texte remplaçant le protocole de Kyoto.


"Nous avons besoin de plus que la seule rhétorique dans les 12 ou 18 prochains mois", a-t-il ajouté.


Kufuor a également souligné que le changement climatique avait des conséquences dommageables sur les pays en développement, et que ceux-ci auraient besoin de plusieurs milliards de dollars d'aide pour y faire face.


"Le changement climatique rend le développement plus difficile et plus coûteux", a-t-il dit, alors que dans son pays, les pluies ont diminué de 20% sur les trente dernières années et que 1.000 km2 de terres sont sous la menace de la montée du niveau des mers dans le delta de la Volta.


Le chef d'Etat ghanéen s'est dit favorable à  un accord en vertu duquel les pays en développement accepteraient de réduire leurs émissions de gaz à  effet de serre (GES), essentiellement dues à  la consommation d'énergies fossiles, en échange d'une aide à  l'acquisition de technologies propres qui permettrait également de réduire la pauvreté.


"PLUS VITE, PLUS HAUT, PLUS FORT"


Yvo de Boer, responsable à  l'Onu de la Convention sur le changement climatique, a également appelé les participants à  accélérer les discussions, les conférences précédentes à  Bangkok et Bonn n'ayant donné que de maigres résultats dans un contexte de ralentissement économique et de flambée des prix alimentaires.


"Le temps est compté (à½) les négociations doivent accélérer", a dit de Boer, observant que l'Afrique demeurait le "continent oublié" dans le débat sur le climat et que près de 250 millions de personnes étaient menacées par des pénuries d'eau d'ici 2020.


Alors que les membres du Groupe du Huit ont adopté en juillet une position commune sur la nécessité de fixer des objectifs à  l'horizon 2050, la ministre danoise de l'Energie et du Climat a jugé que la conférence d'Accra devait se consacrer à  des engagements pour 2020.


"S'accorder pour réduire les émissions (de GES) d'ici 2050 est une chose. Nous devons définir un objectif à  moyen-terme", a dit Connie Hedegaard, dont le pays accueillera, l'année prochaine, la conférence pendant laquelle le texte final devra être adopté.


Les discussions d'Accra doivent permettre d'envisager les possibilités d'élargir l'actuel protocole de Kyoto, qui ne concerne que 37 pays industrialisés et les contraint à  réduire leurs émissions de GES de 5% d'ici 2012 par rapport aux chiffres de 1990.


Les délégués devraient en outre réfléchir à  de nouvelles initiatives, notamment pour lutter contre la déforestation ou pour introduire des objectifs par secteur d'activités.


Les négociations ont jusqu'à  présent été marquées par les réticences de nombreux pays émergents à  s'engager dans la lutte contre le changement climatique, qu'ils attribuent essentiellement aux vieux pays industriels.


L'organisation de défense de l'environnement WWF a souhaité qu'en pleins Jeux olympiques de Pékin, les participants à  la conférence soient guidés par la devise des JO, "Plus vite, plus haut, plus fort".


Version française Grégory Blachier


 


21/08/2008 18:17


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