MOSCOU (Reuters) - La cotation des actions à Moscou reprendra vendredi, a annoncé le ministre des Finances Alexe௠Koudrine, tandis que le président Dimitri Medvedev promettait 500 milliards de roubles (13,6 milliards d'euros) pour soutenir les marchés boursiers.
Les transactions sur actions ont été suspendues mercredi moins de deux heures après le début de la séance, alors que l'indice RTS des valeurs cotées en dollars accusait une dégringolade de 20% par rapport au début de la semaine et que le Micex en roubles enregistrait un repli de 25%.
L'indice RTS est en baisse d'environ 60% par rapport à son pic de mai. Les autorités du pays estiment que la situation est plutôt due à une crise de confiance qu'à une crise de liquidités.
Jeudi, le ministère des Finances et la banque centrale ont continué à injecter des liquidités dans le secteur bancaire alors que les prêts entre banques ont quasiment cessé, les marchés craignant de nouvelles victimes après les déboires de la société de bourse Kit Finance.
Les autorités ont organisé le sauvetage de Kit mercredi avec son rachat par la société de gestion Leader, filiale du groupe Gazprom.
"L'affaire rappelle beaucoup le sauvetage de Bear Stearns et cela pousse aussi les investisseurs à se demander si la Russie connaîtra un prolongement comparable à Lehman", explique Chris Weafer, de la société de Bourse Ouralsib.
Le ministère des Finances a promis mercredi une injection de liquidité de près de 60 milliards de dollars.
Les deux Bourses russes ont repris une partie leur activité jeudi. Par exemple sur le RTS, les contrats à terme sur marchandises, devises et taux d'intérêt sont de nouveau traités.
Malgré la reprise prévue vendredi des transactions sur actions, les opérations sur marges, c'est-à -dire celles qui consistent à emprunter de l'argent à une société de Bourse pour passer ses ordres, ont été indéfiniment suspendues par l'autorité boursière, de même que les ventes à découvert.
L'autorité boursière avait accusé ces deux instruments d'être à l'origine de la chute des marchés boursiers.
"La priorité du moment est de prévenir une ruée sur les banques", estime Chris Weafer.
Lars Christensen, responsable des études sur les marchés émergents à la Danske Bank à Copenhague, estime que les sorties de capitaux de Russie pourraient s'accélérer si la situation se détériore.
"Nous sommes très pessimistes, mais nous sous-estimons encore la situation", affirme-t-il.
La chute des marchés Boursiers russes depuis mai a été plus forte que sur les autres marchés émergents. Beaucoup d'observateurs sur le marché mettent en avant le risque politique accru après l'intervention de l'armée russe en Géorgie.
Les conséquences pour la population ont pour l'instant été limitées, l'actionnariat particulier étant peu développé en Russie.
Dimitri Jdannikov et Toni Vorobyova, version française Danielle Rouquié
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18/09/2008 13:03
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