par Steven C. Johnson
NEW YORK (Reuters) - L'optimisme ne devrait guère être de mise la semaine prochaine à Wall Street en raison de la persistance des effets de la crise du crédit sur l'économie américaine et malgré le vote du "plan Paulson" destiné à assainir le système financier.
La semaine dernière a été la pire de ces sept dernières années pour la Bourse américaine, les investisseurs se demandant si ce plan de 700 milliards d'euros sera suffisant pour "dégeler" les marchés du crédit et éviter la récession.
Dans son principe, le plan prévoit le rachat des actifs dits "toxiques" des banques afin que ces dernières prêtent davantage aux ménages et aux entreprises.
En dehors de la mise en place du plan, les intervenants seront également attentifs à la nouvelle "saison" de résultats qui s'annonce, l'aluminier Alcoa étant, comme de coutume, le premier à annoncer mardi ses résultats du troisième trimestre.
La semaine n'est pas très riche en indicateurs économiques mais après les très mauvais chiffres de l'emploi publiés vendredi, toute donnée inférieure aux prévisions pourrait être interprétée comme un signe de récession ou quasi-récession.
Les tensions sur les marchés interbancaires sont une autre source d'inquiétude puisqu'elles suggèrent que la confiance est très loin d'être revenue, malgré la mise en place imminente du plan Paulson.
Vendredi, jour où le vote de ce dernier était acquis, les taux interbancaires à trois mois ont bondi pour le cinquième jour de suite.
"Il va falloir des mois aux marchés du crédit pour se remettre (de cette crise de confiance) et Wall Street pâtira en même temps de la rapide détérioration de l'économie", a déclaré Fred Dickson, directeur de la recherche chez D.A. Davidson & Co.
ESPOIRS D'UNE BAISSE DES TAUX
La semaine dernière, l'indice Dow Jones a perdu 7,3%, le S&P 500 9,4% et le Nasdaq Composite 10,8%. Depuis le début de l'année, ces trois indices ont chacun reculé de quelque 20%.
L'économie américaine a détruit des emplois tous les mois cette année, le marché immobilier reste déprimé et la production industrielle a fortement baissé.
Les derniers indicateurs "prennent le chemin d'une récession", a souligné John Praveen (Prudential International Investment Advisors).
"Même avec le plan de sauvetage du système financier, nous n'allons pas échapper à une récession, même si elle peut s'avérer légère par la suite", a-t-il ajouté.
Au cours d'une semaine noire, il y a quand même eu quelques points de lumière pour les investisseurs, comme l'investissement de trois milliards de dollars de Warren Buffett dans General Electric (GNE) ou encore l'annonce du rapprochement entre les banques Wachovia et Wells Fargo.
Après Alcoa mardi, Chevron publiera ses résultats trimestriels jeudi et General Electric (GNE) les siens vendredi.
"La saison des résultats va être catastrophique", a estimé Hugh Johnson (Johnson Illington Advisors).
Wall Street pourrait trouver du réconfort auprès de la Réserve fédérale si cette dernière décidait, comme l'anticipent certains, de baisser ses taux d'intérêt, à 2,00% depuis la fin avril, en cas de nouvelle détérioration de la conjoncture.
Version française Benoit Van Overstraeten
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05/10/2008 19:39
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