par Pierre Savary
CALAIS (Reuters) - Le collectif d'associations humanitaires C-Sur a cessé lundi la distribution de déjeuners aux centaines de migrants de Calais pour dénoncer le manque de moyens et placer l'Etat devant ses responsabilités.
Après avoir hésité, les responsables des associations qui viennent en aide aux candidats à l'immigration vers le Royaume-Uni se sont résolus à interpeller les pouvoirs publics et en premier lieu la maire UMP de Calais, Natacha Bouchart.
"Nous assumons seuls cette distribution depuis six ans, depuis la fermeture (du centre) de Sangatte, c'est à l'Etat et aux collectivités locales de prendre en charge une action humanitaire, plus à nous", a déclaré l'abbé Jean-Pierre Boutoille, porte-parole du collectif.
Le centre d'accueil des migrants de Sangatte a été fermé en décembre 2002 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur.
Lundi après-midi, environ 200 personnes se sont rassemblées au point habituel de distribution, sur le port de Calais.
À la place du repas habituellement distribué, les migrants ont trouvé du thé chaud et des bananes.
"La situation devient impossible, il y a de plus en plus de migrants, nous ne pouvons plus faire face. Le nombre de migrants augmente, mais nous, nous ne sommes pas plus nombreux", soupire Monique Delannoy, présidente de La Belle Étoile, l'une des associations du collectif.
"TRÉS JEUNES AFGHANS"
La mairie de Calais affirmait lundi "continuer de chercher des bonnes volontés et une solution de remplacement pour trouver une solution".
Les Afghans, Soudanais et Erythréens, les plus nombreux en ce moment à Calais, se regroupent par centaines dans la ville et ses alentours pour tenter de passer en Grande-Bretagne via le tunnel sous la Manche ou les ferries qui quittent le port.
D'après les associations, les migrants sont de plus en plus nombreux.
"Il y a beaucoup d'Afghans qui sont venus très récemment et de très jeunes Afghans. Aujourd'hui il y a plus de 500 migrants à Calais", témoigne Sylvie Copyans, de l'association Salam.
Cette dernière va continuer à distribuer les repas le soir, et s'attend à de nouvelles difficultés.
"Nous risquons bien sûr d'avoir plus de monde le soir, mais nous continuerons, il faut bien faire quelque chose pour eux sinon personne ne fera rien, nous n'avons pas le choix", ajoute Sylvie Copyans.
En plus d'un dîner, Salam va tenter de distribuer des sachets repas aux migrants.
A Steenvorde, ville située 70 kilomètres de Calais à l'intérieur des terres, des bénévoles ont installé des tentes et des chapiteaux destinés à venir en aide aux migrants qui errent le long des autoroutes de la région en espérant se faufiler dans des camions en stationnement sur une aire d'autoroute.
Des Erythréens y ont dormi pour la première fois ce week-end.
Edité par Yves Clarisse
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01/12/2008 17:05
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