par Laure Bretton
PARIS (Reuters) - Soucieuse de tourner la page d'un congrès qui a plongé le Parti socialiste dans l'une des pires crises de son histoire, Martine Aubry a appelé mardi les députés socialistes à parler enfin d'une même voix.
Le nouveau premier secrétaire du PS, qui a pris la semaine dernière les rênes d'un parti coupé en deux après sa victoire sur le fil sur sa rivale Ségolène Royal, a multiplié les mots apaisants à l'adresse des parlementaires de son camp.
Dans son premier discours devant le groupe PS réuni à l'Assemblée nationale, la maire de Lille a cependant égratigné son prédécesseur, François Hollande, assis au premier rang, et dénoncé les francs-tireurs socialistes comme Manuel Valls coupables de s'affranchir des positions communes.
Le premier secrétaire sortant comme le député-maire d'Evry ont quitté la réunion sans un mot.
Après quatre jours de confusion émaillés d'accusations de fraude, de "coup d'Etat" et de "putsch médiatique", Martine Aubry a été déclarée élue à la tête du PS mardi dernier, par 102 voix d'avance sur l'ancienne candidate présidentielle.
"Nous sommes tous dans le même parti et nous devons réunir nos forces (...) Nous sommes tous socialistes et engagés dans ce combat contre la droite" et Nicolas Sarkozy, a-t-elle assuré, citant comme combats prioritaires la loi sur l'audiovisuel, le travail le dimanche ou la retraite à 70 ans.
"POLYPHONIES CORSES"
"Parler d'une seule voix, c'est ce qu'attendent les Français et les militants de nous", a-t-elle insisté, refusant par la suite toute question sur la composition de son équipe de direction, qu'elle doit présenter samedi prochain à Paris.
Martine Aubry a rencontré la semaine dernière le maire de Paris Bertrand Delanoë, le représentant de la gauche du PS Benoît Hamon (HAMO) et, à deux reprises, Ségolène Royal.
Elle travaille sur un "texte d'orientation politique" qu'elle leur proposera ce mardi ou mercredi.
Bouche cousue, l'entourage de la maire de Lille se borne à affirmer que l'équipe sera "resserrée", comptant une vingtaine de membres contre plus de quarante actuellement, et "très renouvelée".
A l'avenir, Martine Aubry a dit vouloir renforcer la coopération entre les élus PS et le parti. Surtout, a-t-elle insisté, "il faut débattre avant de décider" afin de parvenir à des positions communes irréfutables.
Une pierre dans le jardin de François Hollande, soupçonné au mieux de ne pas avoir fait assez travailler le PS, au pire de ne pas avoir tenu ses troupes.
"Les polyphonies corses, c'est fini", glisse un proche de Martine Aubry. "On ne veut pas parler d'une seule voix mais d'une même voix et cela se fera par le travail en amont, pas par l'autorité", ajoute Christophe Borgel, élu de Seine-Saint-Denis engagé aux côtés de la maire de Lille.
Au risque de se tromper, l'ancienne ministre de Lionel Jospin a pris l'exemple du plan de sauvetage des banques proposé par le gouvernement pour illustrer les insuffisances passées.
Lors du vote à l'Assemblée début octobre, "le groupe est arrivé sans position commune et ça, c'est pas bien", a déploré celle qui n'est ni député ni sénatrice. "Les députés socialistes ont bien fait de voter non", a-t-elle souligné.
Les socialistes s'étaient en fait abstenus.
Edité par Yves Clarisse
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02/12/2008 15:58
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