PARIS/HAMBOURG (Reuters) - Le premier groupe de sucre français Tereos annonce qu'il renonce à acheter la branche sucrière mise en vente par son concurrent danois Danisco, confirmant une information publiée par Les Echos.
"Tereos a décidé de ne pas soumettre d'offre sur Danisco Sugar. Après avoir étudié attentivement le cas de Danisco Sugar, Tereos a conclu qu'un nombre trop important d'incertitudes entouraient le processus", a indiqué la société dans un communiqué.
Le groupe français a toutefois ajouté qu'il continuerait d'étudier les actifs mis en vente dans le secteur sucrier.
L'allemand Nordzucker, numéro deux européen, reste apparemment seul en lice pour la reprise de Danisco Sugar et a annoncé qu'il préparait une proposition en ce sens.
"Nous allons présenter une offre", a indiqué une porte-parole de Nordzucker.
Le président du directoire du groupe, Hans-Gerd Birlenberg, avait indiqué au début du mois qu'il envisageait de consacrer 700 millions d'euros à un milliard à l'acquisition de l'activité Danisco Sugar, afin de combler l'écart avec le leader allemand Sà¼dzucker.
La porte-parole de Nordzucker a ajouté que celui-ci envisageait de proposer des parts dans toute nouvelle activité du groupe au Danemark à ses actionnaires. Nordzucker est détenu par des planteurs de sucre du nord de l'Allemagne.
Selon les Échos, les dirigeants de Tereos et leurs partenaires financiers ont jugé plus sage d'abandonner la partie car "d'un côté, le prix demandé était élevé: Nordzucker a indiqué être prêt à payer jusqu'à 1 milliard d'euros. De l'autre, la rentabilité future des actifs restait aléatoire."
Une source proche du dossier a précisé vendredi à Reuters que Tereos s'était notamment retiré du dossier Danisco Sugar en raison du refus du groupe de lui permettre de présenter une offre en consortium avec les planteurs danois.
"Dès le début, Danisco a refusé de négocier avec les planteurs. Or les partenariats et les accords avec les planteurs sont très importants car, sans les betteraves, on ne peut pas produire le sucre", a souligné la source, indiquant notamment que les betteraviers danois et suédois avaient apporté leur soutien à Tereos.
La source a également souligné que les betteraviers voulaient renégocier à la hausse leurs prix mais que Danisco leur a opposé une fin de non recevoir, avec le risque pour Tereos de devoir payer plus cher sa matière première, "sans être sûr ni de disposer des volumes de betteraves suffisants, ni de pouvoir répercuter la hausse sur ses propres tarifs", comme l'ont souligné Les Echos.
Le quotidien indique en outre que Tereos "étudie activement" l'activité sucrière du groupe espagnol Ebro Puleva - qui pourrait être mise en vente - et le leader polonais du sucre, Polski Cukier, qui doit être privatisé.
Le président du directoire de Tereos, Philippe Duval, avait déclaré début mars à Reuters que le groupe pourrait s'intéresser au pôle sucrier de Danisco et qu'il n'excluait pas une introduction en Bourse de sa holding, Berneuil Participations, dans un délai de "deux à cinq ans".
Benjamin Mallet, édité par Yann Le Guernigou
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20/06/2008 15:29
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