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La BCE surveille étroitement les prix, prévient Trichet

STRASBOURG (Reuters) - Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a assuré que la BCE allait continuer de surveiller étroitement l'évolution des prix, tout en rappelant les Etats membres à  leurs responsabilités vis-à -vis du pacte de stabilité.


"Les risques pour la stabilité des prix à  moyen terme restent nettement orientés à  la hausse (...) et ils se sont intensifiés ces derniers mois", a-t-il dit devant le parlement européen à  Strasbourg.


"Après la décision prise la semaine dernière de relever les taux, de l'avis du Conseil des gouverneurs, la politique monétaire va contribuer à  atteindre la stabilité des prix à  moyen terme. Nous allons continuer de surveiller très étroitement toutes les évolutions au cours de la période à  venir", a-t-il ajouté.


La BCE a relevé d'un quart de point son principal taux d'intérêt jeudi dernier pour le porter à  4,25%.


Les futures de taux amplifiaient leur recul après ces déclarations, susceptibles d'alimenter des spéculations sur une possible remontée supplémentaire des taux de la zone euro.


Répondant aux critiques exprimées par certains Etats membres de la zone euro après le relèvement des taux, Trichet a affirmé que "les divergences économiques entre les Etats membres ne peuvent pas être seulement réglées par la politique monétaire".


"Certains ne pourront pas respecter les critères de stabilité", a-t-il pronostiqué en suggérant la mise en place de "stabilisateurs automatiques" et en invitant les pays concernés à  poursuivre leurs "réformes structurelles" pour améliorer leur "résilience aux chocs monétaires".


"TOUT FAIRE" POUR EVITER L'ENVOLEE DES SALAIRES


Il a justifié le relèvement des taux en prédisant que l'inflation, qui a atteint récemment 4% dans la zone euro, ne connaîtrait pas de ralentissement avant 2009.


"Cela montre bien que le Conseil de la BCE est déterminé à  éviter les effets de second tour et l'inflation à  long terme", c'est-à -dire une hausse générale des prix et des salaires, une décision selon lui importante pour garantir "la croissance et l'emploi à  long terme".


"Nous sommes dans la situation de 1973", a-t-il affirmé dans une allusion au premier choc pétrolier et à  ses conséquences en termes d'inflation galopante.


"Les économies qui ont lâché la bride sont celles qui ont le souffert le plus. Ca a été la source d'un chômage massif", a-t-il ajouté dans une réponse aux eurodéputés.


Le président de la Banque centrale a encore estimé que "les plus vulnérables de nos concitoyens sont ceux qui souffriraient le plus d'une inflation durable".


Approuvée par les ministres des Finances de la zone euro, la hausse des taux directeurs de la BCE a été vertement critiquée par la France, le président Sarkozy dénonçant un "dumping monétaire qui met à  genoux les entreprises européennes qui veulent exporter".


Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a rendu hommage au président de la BCE dont il a relayé le message.


"Il ne faudrait pas que nous penchions vers cette idée simple qui voudrait que la BCE soit la seule en charge de la lutte contre l'inflation", a-t-il dit en rappelant que celle-ci constituait "la première préoccupation des citoyens".


Jean-Claude Juncker a estimé qu'il incombait aux Etats de "tout faire" pour éviter une envolée des salaires, notamment dans la fonction publique.


Il s'est également inscrit contre "tout relèvement de la fiscalité indirecte", notamment de la TVA.


Il a par ailleurs invité à  ne pas "surcharger" le mandat de la Banque centrale, réponse implicite à  la France qui veut assigner à  celle-ci une mission de défense de la croissance.


"Le traité assigne la stabilité des prix à  la BCE. Nous ne devons pas ajouter des objectifs économiques multiples" à  cette mission, a-t-il affirmé.


Gilbert Reilhac, édité par Pascal Liétout


 


09/07/2008 11:43


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