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Wall Street soutenue, pour une fois, par les financières

NEW YORK (Reuters) - Wall Street a fini vendredi en ordre dispersé sa plus mauvaise semaine depuis plusieurs mois, un rebond des valeurs financières dans l'après-midi ayant permis au marché d'effacer la majeure partie des pertes provoqués par la hausse du chômage et l'avertissement du géant des téléphones portables Nokia (NOK).


Le retournement de tendance a été provoqué notamment par Lehman Brothers (LEH), qui s'est adjugé 6,79% après les informations de Reuters selon lesquelles Blackstone Group et Kohlberg Kravis Roberts & Co (KKR) cherchent chacun de leur côté à  acquérir certaines de ses activités d'immobilier et de gestion d'actifs.


L'indice Dow Jones a terminé sur un gain de 0,29%, à  11.220,96 points, et le Standard & Poor's 500 a progressé de0,44% à  1.242,31 points. Quant au Nasdaq Composite, il a cédé 0,14% à  2.255,88 points, nettement au-dessus de son plus bas du jour


(2.216,99).


Sur la semaine, le Dow a reculé de 2,8%, le S&P 500 de 3,2% et le Nasdaq de 4,7%, sa plus mauvaise performance depuis janvier. Le S&P, lui, n'avait pas autant baissé en une semaine depuis mai.


Le marché a cédé du terrain dès l'ouverture après la publication des statistiques mensuelles du marché du travail, marquées par 84.000 suppressions d'emplois - 9.000 de plus que prévu - et un bond du taux de chômage de 5,7% à  6,1%, son plus haut niveau depuis septembre 2003.


Ce n'est qu'ensuite que les financières ont tiré l'ensemble des indices dans le vert, bénéficiant d'une vague d'achats à  bon compte nourrie par les dégagements opérés sur d'autres secteurs.


TECHNOS ET ÉNERGIE EN BAISSE


Au final, l'indice S&P des valeurs financières affiche une hausse de 3,2% sur la journée. Et au sein du Dow Jones, les cinq plus fortes hausses sont des financières: Bank of America (+5,33%), American International Group (AIG) (+5,28%), JPMorgan Chase (+4,46%), Citigroup (+4,21%) et American Express (+1,68%).


Toutefois, les commentaires continuent de souligner la dégradation de la situation économique, ce qui entretient la défiance vis-à -vis des valeurs technologiques et énergétiques, sensibles à  l'évolution de la consommation.


"Un bon nombre d'économistes avaient le sentiment que l'économie allait éviter une récession. Je crois qu'aujourd'hui, ces gens sont en train de revoir leur façon de penser. L'économie tourne au ralenti, le crédit se fait rare et le consommateur est vraiment en mauvaise situation", résume Sasha Kostadinov, gérant et analyste de Shaker Investments.


A la dégradation du marché du travail, de mauvais augure pour la consommation et la croissance, s'est ajouté l'avertissement de Nokia (NOK) sur le risque de baisse de ses parts de marché sur le troisième trimestre.


Le groupe finlandais, premier fabricant mondial de téléphones portables, a cédé 9,55% à  la Bourse d'Helsinki et son action cotée à  New York a fini en repli de 7,58%.


Elle a entraîné dans sa chute certains de ses concurrents, comme Qualcomm (-1,79%) ou Motorola (-0,88%).


Dans le secteur de l'énergie, doublement pénalisé par la baisse du baril et les inquiétudes pour la consommation, Exxon Mobil a cédé 0,68% et Chevron 1,23%.


Parallèlement, l'actualité des fusions-acquisitions a provoqué plusieurs hausses spectaculaires: le groupe de tabac UST a bondi de 25,09% après les informations selon lesquelles il serait en discussions avancées en vue d'un rachat par Altria Group pour plus de 10 milliards de dollars. Altria a pris 1,4%.


Quant au fabricant de mémoires informatiques ScanDisk, il a pris 31,05%, le sud-coréen Samsung Electronics ayant manifesté son intérêt pour un possible rachat.


Ellis Mnyandu, version française Marc Angrand


 


05/09/2008 22:38


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