Rentrée sous tension sur les marchés immobiliers européens. Pour les experts, de sévères corrections restent à venir.
Le second semestre s'annonce mouvementé pour les marchés immobiliers européens, pris dans le sillage des mauvaises nouvelles en provenance des Etats-Unis. L'Espagne, la Grande-Bretagne, l'Irlande, mais encore l'Italie, la Scandinavie et la France pourraient subir de fortes corrections.
Même cause, mêmes effets
Véronique Riches-Flores, économiste à la Société Générale, évoquait dimanche "un contexte très nocif" sur le vieux continent, dans une interview à l'AFP. De son côté, Standard and Poor's a brossé un tableau plutôt sombre de la situation européenne, dans un rapport publié fin juillet. L'agence de notations fait un rapprochement avec la situation outre-Atlantique : "dans la majorité des pays européens, les marchés du logement ont vécu un spectaculaire boom ces huit dernières années, d'ampleur comparable à celui des Etats-Unis".
Même cause, mêmes effets : les marchés européens qui ont le plus de points communs avec le géant américain (prix surévalués, endettements élevés des ménages, utilisation courante des taux variables) pourraient bien connaître un fort retournement de tendance. Les experts de Standard & Poor's prévoient notamment une correction "majeure" au Royaume-Uni, où le marché est déjà en baisse depuis plusieurs mois. Ils pronostiquent aussi une crise "longue et douloureuse" en Espagne où l'offre de logements s'est peu à peu déconnectée de la demande, jusqu'à provoquer une chute des ventes de plus d'un tiers par rapport à l'an dernier. Dans ce contexte de crise, S&P envisage enfin un effondrement de la construction en Irlande. Selon Véronique Riches-Flores, les prix dans ces pays pourraient chuter de 30% dans les 18 prochains mois.
-25% en Province, -10% à Paris
En France, selon Standard & Poor's, la santé financière des ménages restent bonne, mais les acheteurs potentiels sont freinés par la hausse des prix et le durcissement des conditions de crédits. L'agence de notation prévoit donc "une période de stabilisation ou des baisses modestes " dans l'Hexagone. Mais, de son côté, Véronique Riches-Flores évoque une baisse de 25% des prix en Province et de 10% à Paris. Un retournement prévu d'ici à 18 mois confirme la Société Générale, contactée par Capital.fr. Des hypothèses fortement baissières par rapport aux autres évaluations des professionnels du secteur, qui tablent davantage sur un recul des prix de 10% d'ici à 2010. Et surtout pour la province, Paris pouvant tirer son épingle du jeu du fait de la spécificité de son marché.
Une correction de cet ordre pourrait encore toucher les marchés italien ou suédois, où les ménages ont aussi un faible taux d'endettement et où les prix ont déjà commencé à reculer. Seule l'Allemagne ne subit pas de turbulences, pour la bonne raison que le marché y est déjà déprimé depuis plusieurs années en raison d'une démographie en berne et d'un surplus de l'offre par rapport à la demande.
A part ce micro-climat allemand, la météo de l'immobilier européen promet d'être nuageuse pour encore un bon nombre de mois.
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20/08/2008 16:31
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