
Le Tour de France clôture une année 2007/2008 qui aura été celle de la petite reine avec le lancement des Velib’ à Paris en juillet dernier puis dans beaucoup de grandes villes françaises. Cette passion pour le vélo est pleine de promesses pour les enseignes d’articles de sport.
Afin de rester dans le peloton de tête, Décathlon devrait ouvrir en 2009 son B’Twin village (du nom de sa marque vélo) à Lille. Sur ce site l’enseigne regroupera tous les métiers ayant trait au vélo, depuis l’ingénierie, la conception, le design, le marketing, le service après-vente, et même la production avec une usine d’assemblage de 200 salariés.
Capital.fr : Pourquoi créer un village du vélo et choisir de relocaliser une usine en France ?
Patrice Landais : Notre stratégie dans le cycle comme dans les autres activités consiste à intégrer l’ensemble de la chaîne de fabrication de bout en bout : de la conception jusqu’à la distribution. Ce que font également Adidas ou Nike. Ils ne faisaient que produire à l’origine. Et maintenant, ils ouvrent leurs propres magasins. Jusqu’ici on sous-traitait à des usines situées à l’étranger. Mais on se rend compte que les délais sont stratégiques : si on a une rupture de stock de vélos le 15 décembre, il n’y a pas de réassort possible avant Noël.
Et puis il y a une dynamique mondiale qui va dans le sens de rapprocher les usines des consommateurs, et c’est d’autant plus vrai à mesure que le prix du pétrole flambe. D’ailleurs si l’usine d’assemblage B’Twin fait ses preuves, il serait logique qu’il y en ait d’autres. A Lille, nous allons créer une centaine d'emplois.
Capital.fr : Quelles sont les autres embauches prévues chez Décathlon ?
Patrice Landais : Nous allons recruter 1000 cadres cette année qui deviendront en très grande majorité (80%) des responsables univers (chefs de rayon). Il y aura également une centaine d’ingénieurs (informatique, de production…). Les 10% restants rejoindront des fonctions supports : finance, juridique… En revanche, pour les fonctions ressources humaines, communication, marketing, achats… nous privilégions des cadres issus de la mobilité interne.
Capital.fr : Quel est le profil du candidat idéal et combien sera-t-il payé ?
Patrice Landais : Nos recruteurs ont une particularité : ils commencent toujours par regarder le bas du CV d’un candidat, la ligne sport et loisirs. Dans notre esprit, le niveau de formation n’est pas très important car on se considère comme une entreprise école. D’ailleurs nous intégrons chaque année une majorité de jeunes diplômés (bac et plus), 30 % de première expérience et 20 % d’expérimentés.
Un magasin Décathlon type compte une soixantaine de salariés : un directeur, 10 responsables d’univers, des employés, des vendeurs, des hôtesses… Pour la fonction cadre la plus nombreuse (responsable univers) le salaire moyen est de 30 K euros dont 20 % de variable. Ce responsable univers pourra ensuite devenir directeur de magasin puis évoluer vers des fonctions supports.
Propos recueillis par Arnaud Normand
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11/07/2008 16:18
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