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Final Fantasy Tactics A2 : Grimoire of the Rift Test

Test par Simon Parkin

7 août, 2008

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Comme tout conte de fées guerrier qui se respecte, l'immense tactical-RPG Final Fantasy Tactics (1998, déjà !) s'ouvre sur les lamentations d'une princesse. Agenouillée sur les dalles d'une ancienne chapelle, elle implore Dieu de la délivrer des ennemis qui s'approchent d'elle tandis qu'elle murmure sa sinistre supplique. L'inévitable combat qui s'ensuit entre ses gardes du corps et ses ravisseurs en puissance est une représentation orthodoxe mais mémorable des mécaniques d'échecs du genre ; certains personnages ont beau être juchés sur des poulets géants, la scène n'en reste pas moins d'une solennité frappante pour ce jeu de fantasy où gameplay et scénario rivalisent d'ingéniosité et de complexité.

On ne peut pas en dire autant de Final Fantasy Tactics Advance, sa suite sur Game Boy Advance, qui commence par un combat de boules de neige entre écoliers vêtus de bonnêts de laine et de moufles. Si le jeu a su trouver ses fans, il lui manquait néanmoins la force épique du titre précédent. Ses combats se déroulaient et se terminaient sans grande conséquence narrative, ses rouages n'avaient qu'une fraction de la majestueuse complexité de l'original, bref c'était une version que l'on sentait light et expurgée pour son passage sur portable. Comme son nom l'indique, Final Fantasy Tactics A2 marche dans les pas de son grand frère sur Game Boy Advance : les fans qui espéraient un retour à la gravité et au pouvoir évocateur du jeu original en seront pour leurs frais, même si cette suite reste méritante à bien des égards.

Tout commence, ici encore, dans une école moderne, bien loin du monde d'Ivalice où se déroule la série. Cette fois, quelques minutes nous séparent du début des vacances d'été. Votre personnage, Luso Clemens, range son cartable et s'apprête à partir quand son professeur le charge d'une dernière corvée à la bibliothèque. C'est là que Luso aperçoit un vieux livre poussiéreux et, pour une raison mystérieuse, décide d'y inscrire son nom. Alors que l'encre sèche, notre jeune héros est aspiré dans un vortex et se retrouve au coeur d'une forêt trop luxuriante pour être honnête. Comprenant que son histoire à lui aussi risque d'être sans fin, Luso doit retrouver le chemin de sa maison dans cette nouvelle mouture d'un conte vieux comme le monde.

'Final Fantasy Tactics A2 : Grimoire of the Rift' Screenshot 1

Comme dans les jeux précédents, vous pouvez confier à vos coéquipiers les quêtes annexes auxquelles vous ne voulez pas vous frotter, mais le taux de réussite est alors nettement plus bas.

Passé ce postulat de départ éculé et les premières cut-scenes où Luso croise la route d'un clan de guerriers et rejoint leurs rangs, le stéréotype s'atténue un peu, pour la simple raison que le reste de l'histoire tient sur un timbre-poste. Plutôt que de s'atteler à retrouver son chemin, Luso se contente de se la couler douce en Ivalice, accomplit les quêtes qui lui tombent sur le coin du museau et travaille avec son clan pour en accroître la réputation et les finances.

FFTA2, plus encore que son prédécesseur immédiat, est un jeu dans lequel l'équilibre habituel quêtes principales / quêtes annexes a été inversé. Sur les 400 missions que comporte le jeu, seule une petite poignée fait progresser le scénario principal. La majeure partie du jeu consiste ici à effectuer diverses tâches : aller chercher tel ingrédient, livrer tel colis, faire fuir tel monstre à proximité... Un vrai boulot de pigiste. Sur les dix à quinze quêtes annexes disponibles en permanence dans les tavernes d'Ivalice, une seule fait progresser le scénario, le reste n'étant que des mini-missions sans autre conséquence que de leveller vos personnages, de rendre disponibles de nouveaux objets et classes de métiers, et plus généralement de délayer la durée de vie du jeu. Les quêtes annexes ne sont pas inintéressantes pour autant, mais le joueur ne se sent jamais investi d'un rôle important ; et c'est bien là ce qui empêche le jeu d'atteindre le niveau d'excellence de son aîné sur PlayStation.

'Final Fantasy Tactics A2 : Grimoire of the Rift' Screenshot 2

Square-Enix a accompli sur FFTA2 un travail graphique exemplaire qui rappellera la série des Secret of Mana sur Super Nintendo. Peut-être la plus belle 2D de la DS.

On ne retrouvera dans les mécaniques de FFTA2 aucune des innovations truculentes que Nippon Ichi a apportées à la recette du T-RPG (RPG tactique) : les combats se résument ici à un simple rabâchage des poncifs du genre. Vous contrôlez une équipe de cinq à six combattants qui affrontent un effectif ennemi de taille comparable et que vous déplacez à tour de rôle avant que la console fasse de même. À chaque tour, chaque unité peut accomplir un mouvement et une action (attaquer, lancer un sort, gérer les objets, etc.) et la dernière faction en lice l'emporte. L'absence d'un fil narratif solide dessert l'intensité des combats, d'autant que la courbe de difficulté est extrêmement permissive. À chaque mission disponible pour votre clan correspond un niveau de difficulté ; pour peu que vous vous cantonniez à celles de votre niveau, c'est à peine si vous aurez besoin de soigner vos personnages pendant un combat. La preuve, nous avons passé une bonne quinzaine d'heures avant de songer à recruter un mage blanc. En somme, même les néophytes auront eu le temps de cerner les règles et les limites du jeu avant que le T de T-RPG soit mérité.

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