Une plante qui ressemble au maïs et qui peut atteindre la taille d’un éléphant sur certaines des terres agricoles les plus sèches de la Terre semble prometteuse quand elle est utilisée comme un biocarburant « intelligent » et n’affectera probablement pas les approvisionnements alimentaires du monde, d’après les déclarations d’un expert en agriculture lundi.
Le sorgho dit « sweet sorghum » (Sorgho doux), utilisé aux Etats-Unis principalement pour nourrir les animaux, offre une tige de trois mètres de hauteur qui peut être transformée en éthanol sans affecter les céréales destinées à l’alimentation qui poussent à son sommet, d’après Mark Winslow, expert en agriculture.
A l’inverse de l’éthanol produit à partir du maïs, qui utilise une fois et demie plus d’énergie lors de sa production que ce qu’il offre en tant que produit fini, le sorgho produit huit unités de biocarburant pour chaque unité de carburant utilisée pour le fabriquer dans les pays en développement, d’après Mark Winslow.
Le genre Sorghum (les sorghos) est un genre de plantes herbacées de la famille des Graminées qui comprend une vingtaine d'espèces des régions tempérées et chaudes. Plusieurs d'entre elles sont cultivées comme plantes fourragères ou comme céréales.
Même aux Etats-Unis, où la production mécanisée utilise plus de carburant, l’éthanol dérivé du sorgho devrait offrir quatre fois plus d’énergie qu’un éthanol dérivé du maïs, d’après Mark Winslow, de l’Institut International de Recherche sur les Cultures pour les Tropiques Semi-Arides.
L’utilisation de l’éthanol dérivé du maïs fait également augmenter la demande pour cette culture sur les marchés internationaux, ce qui réduit l’offre de céréales destinées à l’alimentation. Ce phénomène ne se produirait pas avec le sorgho.
« Le sorgho n’est pas échangé de manière internationale, il est cultivé et consommé localement dans les régions sèches » a indiqué Mark Winslow.
L’institut est une organisation non politique et à but non lucratif qui fait de la recherche agricole en se concentrant sur les « cultures intelligentes » et les systèmes de production qui ont pour but d’aider les agriculteurs exploitant des terres sèches sans nuire à l’environnement.
L’institut de recherche a fait équipe avec le conglomérat Tata en Inde pour construire une distillerie qui produit plus de 40 kilolitres d’éthanol chaque jour à partir de sorgho cultivé localement.
Les agriculteurs qui cultivent le sorgho peuvent toujours utiliser les céréales pour se nourrir eux-mêmes, en le transformant en porridge traditionnel et en pain, ainsi que pour nourrir leur bétail, tout en vendant à la distillerie le liquide sucré contenu dans la tige, permettant de produire du biocarburant.
Les plantes peuvent survivre sans irrigation mais tolèrent également les inondations et même un certain taux de sel, d’après Mark Winslow. Parce qu’il pousse dans les régions arides, le sorgho ne menace pas les forêts tropicales comme le font les biocarburants dérivés de l’huile de palme en Asie de l’est, ou le biocarburant dérivé su sucre de cane au Brésil.
Tout comme les autres biocarburants, l’éthanol dérivé du sorgho ne produit pas d’émissions de dioxyde de carbone, comme le font les carburants fossiles.
Enfin, parce qu’il pousse dans certains des lieux les plus pauvres de la Terre, en Asie et en Afrique, le sorgho a le potentiel pour conserver les ressources limitées de ces régions du monde, plutôt que de les envoyer dans les pays producteurs de pétrole.
Le « sorgho doux » diffère du sorgho qui pousse sur près de 40 millions d’hectares dans le monde d’après l’institut. Le sorgho doux pourrait être cultivé sur environ la moitié de ces terres.
Les Etats-Unis, qui sont les plus grands producteurs de sorgho commun dans le monde, organisent une conférence cette année sur l‘utilisation du sorgho comme un carburant. D’autres pays envisagent cette possibilité tels que le Mexique, le Kenya, le Nieéria, le Mali, le Mozambique, l’Ouganda, la Chine, les Philippines, l’Indonésie et le Brésil.