Mercredi 2 juillet 2008, Robert B. ZOELLICK, président du Groupe de la Banque mondiale, a appelé dans une lettre, adressée au président en exercice du Sommet du G8 qui se tiendra la semaine prochaine au Japon, les responsables du G8 et dirigeants des grands pays pétroliers à agir rapidement pour faire face à la flambée des prix alimentaires et énergétiques.
D’après Zoellick, le monde a atteint « une zone de danger ». Dans la lettre figure également une estimation des besoins à court terme des populations les plus durement touchées par la crise actuelle, établie avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds monétaire international (FMI), chiffrée à 10 milliards de dollars.
« Ce que nous observons aujourd’hui n’est pas une catastrophe naturelle — un tsunami silencieux ou la mère de toutes les tempêtes. C’est une catastrophe d’origine humaine et qui, en tant que telle, doit être réglée par l’homme », a déclaré M. Zoellick.
« J’invite instamment le Groupe des Huit, de concert avec les principaux producteurs de pétrole, à agir maintenant pour répondre à cette crise. Cela constitue une mise à l’épreuve du dispositif mondial destiné à venir en aide aux plus vulnérables, et il ne peut se permettre d’échouer. »
Dans 41 pays, la hausse des prix des produits alimentaires et du pétrole entraine un impact négatif sur le PIB allant de 3 à 10%. Les populations les plus vulnérables, surtout les enfants pauvres, sont les plus durement touchées, entrainant des problèmes de santé, a fait remarquer Zoellick.
« Nous avons déjà vu des émeutes de la faim dans plus de 30 pays, et les troubles liés à la cherté des carburants se multiplient. Les pauvres vivant en milieu urbain sont particulièrement touchés par ce double choc au niveau des produits alimentaires et des carburants. »
La Banque mondiale a déjà accordé 200 millions de dollars de dons à 12 pays sur un montant total de 1,2 milliard de dollars destiné à fournir une aide immédiate. Mais, a-t-il ajouté, la Banque a déjà reçu d’autres demandes de 31 pays pour un montant global de près de 400 millions de dollars.
Selon M. Zoellick, une autre nécessité urgente consiste à mettre des semences et engrais à la disposition des petits exploitants et à accroitre le volume global de l’aide au développement, particulièrement en Afrique. De plus, il souhaite amener les 26 pays exportateurs nets de produits alimentaires à réduire les mesures d’interdiction et autres restrictions sur les exportations qui ont contribué à la hausse des prix alimentaires au plan mondial.
Selon lui, le G8 devrait travailler au côté des Nations Unies pour appeler les gouvernements du monde entier à assurer l’accès à des achats locaux pour le PAM et les besoins humanitaires. Dans sa lettre, M. Zoellick a par ailleurs invité instamment le G8 à envisager deux nouvelles mesures visant à « rendre le monde mieux à même de faire face à une crise alimentaire prolongée ».
La première porte sur un recouvrement de contributions des membres des Nations Unies en vue de garantir une partie du financement destiné au PAM. La seconde consiste à étudier l’intérêt qu’il y a à établir, sous forme de dispositif « virtuel » coordonné au plan international, une réserve stratégique à caractère humanitaire pour les situations alimentaires d’urgence. Source : Banque mondiale.