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L'Italie va soutenir à son tour le secteur bancaire

[ 13/10/08  - 22H21 - Reuters  ]

ROME (Reuters) - L'Italie a décidé à son tour d'injecter des liquidités dans son système financier en proposant d'apporter la garantie de l'État pour les nouvelles obligations des banques, d'aider les établissements bancaires dans leur recherche de financements et d'offrir autant de fonds que nécessaire pour leur recapitalisation.
Le conseil des ministres a approuvé ces mesures sous la forme d'un décret de grande envergure qui s'inscrit dans la vaste offensive européenne de soutien au secteur bancaire.
"Ceci est naturellement (destiné à créer) la stabilité, la confiance, mais aussi les liquidités pour les entreprises, pour l'économie réelle, pour les consommateurs", a souligné le ministre italien de l'Économie Giulio Tremonti.
Le président français Nicolas Sarkozy a annoncé pour sa part un plan de soutien de 360 milliards d'euros au système bancaire français, qui comprend une garantie de l'Etat au refinancement des banques plafonnée à 320 milliards d'euros.
La chancelière allemande Angela Merkel a dévoilé quant à elle un plan de sauvetage comprenant 400 milliards d'euros de garanties bancaires et 100 milliards d'euros de fonds publics pour recapitaliser les banques, tandis que la Grande-Bretagne a annoncé un plan de sauvetage de 37 milliards de livres (46,6 milliards d'euros) destinés à trois grandes banques - Royal Bank of Scotland, HBOS et Lloyds - une mesure qui devrait conduire l'Etat britannique à devenir le premier actionnaire d'au moins deux d'entre elles.
L'État néerlandais va de son côté garantir 200 milliards d'euros d'emprunts sur le marché interbancaire afin d'améliorer la liquidité dans le système financier. "Le gouvernement est disposé à garantir les prêts entre les banques et entre les investisseurs institutionnels et les banques. Le montant de 200 milliards d'euros est une estimation", a précisé un porte-parole du gouvernement.
RECAPITALISATION AU CAS PAR CAS
L'Italie n'a pas suivi jusqu'au bout certains de ses partenaires et n'a pas annoncé la création d'un fonds doté d'un montant chiffré pour recapitaliser les banques de la péninsule.
Le président du Conseil Silvio Berlusconi, qui s'est entretenu à Washington avec le président américain George Bush, s'est déclaré convaincu que les mesures de sauvetage engagées des deux côtés de l'Atlantique finiront par être couronnées de succès.
Le décret italien permettra aux banques de se refinancer plus facilement auprès de la Banque d'Italie, en abaissant à 500.000 euros - contre un million actuellement - le montant des collatéraux que la banque centrale exige d'elles en échange de liquidités.
Le Trésor va également garantir les nouvelles obligations émises par les banques jusqu'au 31 décembre 2009, et ce pendant une durée pouvant aller jusqu'à cinq ans.
La Banque d'Italie échangera aussi temporairement des obligations d'État contre des créances de moins bonne qualité, un swap qui débutera le 16 octobre et concernera au maximum 40 milliards d'euros de dettes.
"C'est une mesure très significative qui ne vise pas la recapitalisation, mais simplement à rendre le marché plus liquide", a expliqué le gouverneur de la Banque d'Italie Mario Draghi.
Tremonti a souligné quant à lui que les ressources seront allouées au cas par cas aux banques qui ne parviennent pas à lever sur le marché les capitaux dont elles ont besoin.
Berlusconi a répété pour sa part que d'autres mesures n'étaient pas requises étant donné que le seul problème concret auquel le système financier italien a été confronté - avec le cas d'UniCredit, la deuxième banque du pays - a maintenant été réglé. "Nous n'avons pas besoin d'autres interventions", a-t-il assuré.
Stephen Brown, version française Gilles Guillaume

 

 
 
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