Par LEXPRESS.fr, mis à jour le 21/04/2008 - publié le lundi 21 avril 2008, mis à jour à 08:34

Afp
La victoire de l'ex-évêque Fernando Lugo à l'élection présidentielle du Paraguay est historique. Elle fait basculer le pays à gauche après plus de 60 ans d'hégémonie des conservateurs. Et désormais tous les gouvernements du Mercosur sont de gauche.
Le Paraguay était en liesse après la victoire historique de l'ex-évêque Fernando Lugo, candidat de la coalition de gauche, élu officiellement président du Paraguay dimanche, mettant ainsi fin à 61 ans d'hégémonie du Parti Colorado.
Descendant dans les rues d'Asuncion, des milliers de partisans du président élu Fernando Lugo avaient commencé à célébrer sa victoire et l'éviction historiques du Parti Colorado, dès 17h.
© AFP
Au fil des annonces précisant que "le changement" politique était plus que probable, la foule a grandi, la rumeur de la ville amplifiée des sons des klaxons et des détonations de pétards et de feux d'artifices.
"Nicanor s'en va, Nicanor s'en va", chantait ici la foule en se moquant du président sortant Nicanor Duarte. "Lugo a du coeur", chantait elle par là.
La dernière fois qu'une telle manifestation de liesse populaire s'était produite remonte à la chute du dictateur Alfredo Stroessner en 1989.
"La démocratie, nous la ferons ensemble!"
Selon le Tribunal électoral, Fernando Lugo a remporté l'élection présidentielle avec 40,8% des suffrages contre 30,8% pour Blanca Ovelar, sa rivale du Parti Colorado, avec un taux de participation de 65%.
Immédiatement après l'annonce des résultats officiels, Fernando Lugo a rejoint la foule en liesse dans le centre d'Asuncion où il lui a lancé: "Nous vous demandons de ne pas nous laisser seuls, la démocratie nous la ferons ensemble !".
Le président Duarte a reconnu la victoire de Lugo et s'est engagé à "collaborer activement pour une passation de pouvoir dans un contexte pacifique, de compréhension et dans un esprit de construction". Auparavant, Ovelar avait reconnu sa défaite lors d'une brève conférence de presse.
Peu après l'annonce des projections officielles qui lui étaient favorables, Lugo avait, dans une conférence de presse, fait voeux qu'à l'avenir "le Paraguay ne soit plus simplement connu pour sa corruption et sa pauvreté mais pour son honnêteté".
Lugo a également souhaité "que plus jamais on ne pratique de politique fondée sur le clientélisme et la prébende, qui provoquent tant de dommages".
Tout le Mercosur à gauche
"Si ces résultats sont ratifiés, nous serons ouverts à la rencontre de tous les représentants de la communauté internationale pour travailler à l'intégration réelle de la région et du continent", avait-il alors souligné.
Avec la victoire de Lugo et de ses partisans, le marché commun régional du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay plus les pays associés Chili et Bolivie et le Venezuela en cours d'intégration) ne compte désormais que des gouvernements de gauche.
Fernando Lugo, surnommé "l'évêque des pauvres", a renoncé à son sacerdoce en décembre 2006 pour conduire aux élections sa coalition, l'Alliance patriotique pour le changement (APC).
Depuis, la popularité du candidat, qui se qualifie de "progressiste", n'avait cessé d'augmenter dans ce pays où un tiers des six millions d'habitants vit en dessous du seuil de pauvreté.
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