Devenez membre de LEXPRESS.fr

 
OK
 
 

L'adresse de la semaine

Le Chardenoux par Cyril Lignac

Par François-Régis Gaudry, mis à jour le 10/10/2008 18:13:13 - publié le 10/10/2008 17:09

G.Soussan/SDP

Le médiatique Cyril Lignac reprend une adresse historique. Le minot allait-il dompter le monument ?

Lignac au Chardenoux: trois mots pour un joli tintamarre au pays des casseroles, voire quelques procès en imposture, façon Bigard au Vatican ou Koons au château de Versailles.

Petit résumé des forces en présence. D'un côté, le Jamie Oliver de Rodez. Un grand dadais tout en mèches démoulé à chaud sur les plateaux télé, biberonné aux plats de marché et engraissé aux parts de marché, faiseur de best-sellers, censeur des cantines scolaires, un timbre voilé à faire fondre les midinettes, mais plus de bagou que de bon goût, au dire de ses détracteurs, les vrais cuisiniers des vrais restaurants, qui regardent le Rastignac de la spatule avec autant de bienveillance que les gens de lettres en ont pour Marc Levy.

Sa cuisine? Jamais goûtée, pas plus sur M 6 qu'au Quinzième, son premier restaurant parisien, sous-titré d'un ravageur «cuisine attitude». On se gardera donc bien de la juger, à ce stade.

De l'autre côté, l'un de ces joyaux parisiens jalousement gardés dans le coffre-fort des Monuments historiques, serti de moulures crème, de fresques à nuages, de verres gravés et de comptoir marqueté de marbre. Une authentique gueule de bistrot comme on en faisait à la Belle Epoque.

Fondu dans le décor

Inutile de faire monter la sauce davantage: le choc des civilisations n'aura pas lieu. Ceux qui étaient pressés d'en découdre espéraient bien se mettre sous la dent quelques crimes de lèse-bistrot : des plats frime et des prix flambe, le nom de la star à toutes les pages du menu, voire juste un petit «Chardenoux by Lignac» sur la devanture. Las! ils devront se contenter d'un gentil garçon ayant choisi de se fondre dans le décor avec une humilité déconcertante, préférant soigner sa partition aux fourneaux que son image en salle.

Quand il se montre, c'est sur la pointe des pieds, juste pour s'assurer que le velouté de cèpes et sa crème fouettée arrivent fumants, que le sauté de veau aux olives a bien ronronné dans sa cocotte, que la côte de boeuf simmental combine grillé et saignant, et que la glace à la pistache s'évanouit gentiment sur les framboises rôties.

L'apprenti zingueur a encore quelques embûches à écarter, comme ce tartare au couteau mal assaisonné avec des frites mollasses dignes du premier kebab venu ou ce verre de meursault à l'apéritif, scandaleusement tarifé 12 euros. Alors le chemin vers le bistrot idéal s'éclaircira. Remarquez, la route n'est pas si longue: 30 mètres seulement jusqu'au Paul-Bert, le monument de la rue voisine.

1, rue Jules-Vallès, Paris (XIe), 01-43-71-49-52. Formule sur le pouce au déjeuner: 11 euros. Menus: 24 et 29 euros. A la carte: 50 euros.
  • Partager l'info :
  • Envoyer par e-mail
  • Partager sur Wikio
  • Partager sur Scoopeo
  • Partager sur Digg
  • Partager sur Facebook
  • Partager sur Google
  • Partager sur Technorati
  • Partager sur Youlink
  • Partager sur del.icio.us

Commentaires (4)

Fermeture des commentaires - LEXPRESS.fr

Cet article a été mis en ligne il y a plus de quinze jours et vous ne pouvez plus, par conséquent, commenter cet article.
LEXPRESS.fr

LASOLETTECAFE - 24/11/2008 21:23:06

desole je ne peut plus me taire . Je m apincientai d aller manger cher un chef qui embelice les jeune chefs en france , quel deception service synpa et dynamique enfin paris a compri la vrai comvivialiter . mai cela en reste la , quel deception dans l asiette trop pauvre en saveur et trop expeditif je croyai etre dans un bistros et pa dans une brasserie au 500 couverts le soir et je ne vous conseil pas la tarte au pommes pour le prix je suis dessus je ne voulai pas critiquer mais quand je vois la continuiter a la tele au secour desole un jeune chef qui ete admirateur.

Signaler un contenu abusif

stephane - 13/10/2008 08:06:58

C'est étrange je n'ai pas eu les mêmes sons de cloches sur le fait qu'il soigne plus son image en salle que ce qui sort des fourneaux. Cette adresse sera testée lors de mon prochain passage...

Signaler un contenu abusif

chbime - 12/10/2008 08:46:11

Ben, c'est surtout qu'il n'y aura bientot plus personne pour se payer ce genre de bistrot à 200 euros l'addition :) Jamie Oliver et Cyril vont pouvoir reprendre leur vrai métier, aubergiste, et ce n'en sera que plus appreciable. C'est tres bien, un bon aubergiste.

Signaler un contenu abusif

mry - 11/10/2008 18:56:57

J'y suis allé et vraiment je crois qu'il faut passer son chemin. Je m'explique sur mon blog : http://mry.blogs.com/les_instants_emery/2008/09/le-chardenoux-d.html

Signaler un contenu abusif

Spécial Hommes

Spécial Hommes

Avis à la gent masculine, toutes les tendances mode, design et beauté sont décryptées sur LEXPRESS.fr Styles. Diaporamas, interviews, actu : l'automne-hiver sera très "mâle"...ou ne sera pas !

en direct de Café Mode

en direct de café mode

Lettre à Gwyneth

Chère Gwyneth,Je t'ai longtemps admirée. Tu demeures d'ailleurs pour moi l'une des filles les plus s(...)

23 commentaires

© L’Express 2008 - Mentions légalesContactsPublicité