L'économie allemande a bien été rattrapée par le ralentissement mondial mais la consommation des ménages résiste et le nombre de chômeurs diminue. Pour l'instant...
Après avoir bien résisté, l’Allemagne est désormais affectée par le ralentissement de la croissance internationale. Les commandes à l’industrie se sont contractées en juillet pour le huitième mois consécutif et la baisse de la production s’est accélérée. Par ailleurs, les exportations à destination de l’Union européenne et du Royaume-Uni poursuivent leur correction amorcée en fin d’année dernière. Et le creux n’est pas atteint. En témoigne la chute des indicateurs avancés de l’activité, qu’il s’agisse des baromètres IFO ou PMI, et de la demande adressée aux entreprises allemandes. Inévitablement, ce rétrécissement des débouchés va conduire les entreprises à revoir leurs plans d’investissement en baisse.
Un point relativement positif toutefois : la consommation, contrairement à la plupart des autres pays européens, ne peut guère impacter plus négativement qu’aujourd’hui la croissance. Les aléas sur ce poste paraissant peut être même un peu plus à la hausse qu’à la baisse. Les dépenses des ménages ont reculé de 0,7% au deuxième trimestre, notamment en réaction au choc pétrolier qui a sérieusement érodé le pouvoir d’achat. Mais les salaires nominaux ont déjà sensiblement augmenté cette année et comme l’inflation commence à refluer, le pouvoir d’achat sera un peu mieux orienté que dans le reste de l’Europe.
Autre avantage pour les allemands : le resserrement du crédit anticipé par les banques est moins important qu’ailleurs et le marché immobilier n’a connu aucun des excès observés dans certains pays européens. Signes encourageants : les ventes au détail ont nettement rebondi au mois d'août (+3,1% par rapport à juillet), tandis que le nombre de chômeurs a reculé plus que prévu au mois de septembre, après déjà une bonne surprise en août. L'Allemagne compte aujourd’hui 3,081 millions de chômeurs, contre plus de 5 millions il y a trois ans. Et le nombre de sans-emplois pourrait même passer sous la barre des 3 millions le mois prochain. Rappelons toutefois, sous forme de bémol, que le chômage est un indicateur retardé de l’activité.

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