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Conjoncture

La récession menace également l'Allemagne

Avec AFP -  26/08/2008 15:55  - L'Expansion.com 
 
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La déprime s'installe chez les consommateurs et les industriels allemands, comme en témoignent les mauvais chiffres de l'indicateur Ifo publiés mardi. Au risque d'un deuxième trimestre de contraction de l'activité consécutif.

Le ralentissement économique n’épargne pas l’Allemagne. Pour preuve, le baromètre Ifo, l'indice de confiance jugé le plus fiable pour évaluer l'état actuel et les perspectives de la conjoncture allemande, est tombé à 94,8 points en août, son plus bas niveau depuis trois ans. Et il s’agit de son troisième recul d'affilée.

« L'économie allemande s'engage dans un chemin difficile », a sobrement commenté le président de l'institut Ifo, Hans-Werner Sinn.

La performance a quelque peu estomaqué la plupart des économistes, qui avaient certes misé sur un recul par rapport aux 97,5 points de juillet, mais plus léger, conforme avec l'atterrissage en douceur de la croissance espéré par beaucoup.

Le retour sur terre s'annonce finalement brusque. Pour Jennifer McKeown, analyste chez Capital Economics, « le revirement de l'indice récemment est un signe inquiétant » qu montre « que l'économie ralentit rapidement ».

« La probabilité de glisser dans une récession technique, c'est à dire d'avoir deux trimestres de baisse consécutive du Produit intérieur brut, est à présent à 70% », selon les calculs d'Andreas Rees, économiste chez Unicredit.

Le PIB allemand a reculé de 0,5% au deuxième trimestre sur le premier, pour la première fois depuis quatre ans. Le détail publié mardi l'Office fédéral des statistiques (Destatis) montre un recul inquiétant aussi bien des dépenses des ménages que des investissements industriels.

Malgré l'accalmie sur le front des prix du pétrole et de l'euro, les quelques 7.000 industriels sondés par l'Ifo se sont déclarés plus pessimistes sur leur activité courante. Et l'indice mesurant leurs attentes a plongé à son plus bas niveau depuis quinze ans, à 87 points.

Le coup de froid est notamment sensible dans l'industrie manufacturière. Les entrepreneurs sont désormais réticents à embaucher, ce qui va finir par affecter le marché de l'emploi, marqué depuis de longs mois par une décrue progressive du chômage.

Au changement d'humeur radical des industriels s'ajoute un moral des consommateurs qui n'en finit pas de se dégrader. Le baromètre GfK, principale jauge des perspectives de consommation dans le pays, est descendu à 1,5 point pour le mois de septembre, contre 1,9 point en août, selon des statistiques publiées mardi. Là aussi, le résultat est inférieur aux attentes.

Les Allemands, déjà de nature peu dépensiers, restent paralysés par l'inflation élevée et la montée des prix de l'énergie.

« L'été est pluvieux, l'automne n'en sera pas pour autant ensoleillé », juge Andreas Scheuerle de la DekaBank. Il mise sur une nouvelle contraction de la croissance au deuxième trimestre. Il se refuse à croire que la récession va s'installer, mais une chose est sûre: "l'Allemagne se trouve dans une phase conjoncturelle très faible ».

Le gouvernement mise sur une croissance de 1,7% cette année, objectif qui pourrait s'avérer difficile à atteindre. De nombreux économistes misent sur un réveil des consommateurs lors du quatrième trimestre, mais ce type d'espoir a plus d'une fois été déçu.

D'autres voient dans le virage brutal de l'économie une réaction à l'insolente croissance du premier trimestre (+1,3%) favorisée notamment par un hiver clément, qui avait par richochet profité au bâtiment.

« La baisse récente des indicateurs clés en Allemagne veut simplement dire que la plus grande économie de la zone euro s'est désormais alignée sur ses voisins européens », relève Martin Lueck.

De quoi convaincre la Banque centrale européenne de ne plus augmenter ses taux directeurs, et peut-être même de les baisser au cours de 2009 quand l'inflation, qui culmine actuellement à 4% en zone euro, aura battu en retraite.

 
Commentaires - (1)
bernard 27/8/2008 Recommander 0

Tant que les responsables économiques des pays européens mettront en place des mesures inflationnistes, la BCE devra s'opposer à cette inflation en augmentant ses taux, c'est à dire en réduisant le crédit, donc notre pouvoir d'achat.

 
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