
Face à la menace inflationniste, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de laisser son principal taux directeur inchangé à 4,25%. En dépit des menaces qui pèse sur la croissance.
La BCE a décidé jeudi de laisser inchangé son principal taux directeur à 4,25%. L’Institut de Francfort juge toujours que sa politique monétaire est adaptée, malgré le net ralentissement de l’activité auquel est exposée la zone euro. Car pour l’heure, les risques inflationnistes demeurent trop élevés, a fait valoir le président de l’institut, Jean-Claude Trichet.
Preuve de la certitude des banquiers centraux, le conseil n’a discuté que d’« une seule option », a indiqué Jean-Claude Trichet, à savoir le statu quo. Et cette décision a été adoptée « à l’unanimité ». Le Français a reconnu que la croissance s’était affaiblie à la mi-2008. A la fois en réaction à la forte augmentation du PIB au 1er trimestre, et à cause du ralentissement de la demande mondiale et intérieure, notamment pour cause d’envolée des cours des matières premières, pétrole en tête.
La BCE a d’ailleurs revu en forte baisse ses prévisions de croissance pour 2008 à 1,4% (contre 1,8% prévus il y a trois mois) et 1,2% en 2009 (contre 1,5%). Néanmoins, le conseil des gouverneurs estime que « cet épisode » de faiblesse sera « suivi d’une reprise progressive », a rapporté Jean-Claude Trichet.
Du côté de l’inflation, le président de la BCE juge toujours son niveau « inquiétant » avec un taux de 3,8% sur un an, malgré la légère détente du mois d’août. Soit bien au-delà de l’objectif de la BCE d’un ancrage de la hausse des prix à 2%. Jean-Claude Trichet a de nouveau mis en garde contre les risques de dérapage des prix liés aux effets de second tour, disant craindre particulièrement une spirale inflationniste liée aux salaires. Le patron de la BCE a mêle appelé à « abolir » toute indexation des revendications salariales sur la hausse des prix. Au final en 2008, l’inflation devrait s’établir à 3,5% a-t-il estimé. Et l’an prochain à 2,6%.
Pour la suite, la BCE considère que sa politique actuelle « va contribuer à atteindre son objectif » de stabilité des prix. Cet objectif devrait être atteint « au cours de 2010 » a observé Jean-Claude Trichet. A ceux qui espéraient une éventuelle détente des taux, « nous n’avons pas de parti pris » sur la politique monétaire future, a-t-il seulement déclaré.
Jeudi, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, a jugé que le dialogue « entre la BCE et l’Eurogroupe » pouvait être « approfondi ». « Lorsque l’origine du ralentissement de la croissance est d’ordre financier et monétaire, vous pouvez logiquement envisager qu’il y ait un dialogue plus nourri entre la BCE et les ministres de l’économie et des finances », a-t-il justifié.
La Banque d'Angleterre a elle aussi annoncé jeudi un nouveau statu quo monétaire. Son principal taux reste ainsi à 5%.

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