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Crise financière

L'Europe toujours en ordre dispersé face à la crise

Hugo Lattard avec AFP -  06/10/2008 18:01  - L'Expansion.com 
 
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Malgré le sommet de Paris convoqué par la France, les Européens ont continué de réagir à la crise financière en ordre dispersé. Six Etats membres ont à leur tour annoncé unilatéralement des mesures exceptionnelles de garantie des dépôts.

Le sommet de l’Elysée convoqué samedi a montré ses limites. Ce « G4 » souhaité par Nicolas Sarkozy, réunissant outre la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et les dirigeants de la commission européenne, de la BCE et de l’Eurogroupe, censé affirmer une réponse commune de l’Europe face à la crise financière, n’a pas empêché la désunion des Etats membres. A ce propos, la présidence française a essuyé ses premières critiques.

« Mon travail maintenant, c’est de faire en sorte que les 23 autres pays adoptent les mêmes décisions que celles que nous avons adoptées à sept. Il nous faut une réponse coordonnée », a fait valoir Nicolas Sarkozy, lundi, lors de son déplacement à Sandouville. Mais au vu des décisions unilatérales et parfois contradictoires prises depuis ce week end, cette réponse coordonnée fait défaut.

A propos de l’éventualité d’un plan européen de sauvetage d’abord. Cette proposition, qui avait déjà secoué l’Europe la semaine dernière, a donné lieu à un nouveau quiproquo entre l’Allemagne et l’Italie. Lors du G4, l’Allemagne a refusé le rachat des créances douteuses des banques européennes sur des fonds publics, à l’instar de ce que se propose de réaliser le plan Paulson aux Etats-Unis. A ce sujet, les conclusions du sommet stipulent seulement que les membres du G4 « s’engagent à soutenir leurs banques en difficulté ».

« Angela Merkel n’a pas pu accepter » cette proposition de fonds « parce qu’elle n’en avait pas les pouvoirs », a assuré lundi Silvio Berlusconi. « Aujourd’hui en revanche, elle a dit qu’elle était d’accord. La France fera la même chose », s’est avancé le premier ministre italien. Quelques heures plus tard, Berlin oppose un démenti catégorique : « Nous avons dit clairement samedi à Paris que nous considérons que ce n’est pas la bonne voie et nous restons sur cette position, il n’y a pas de changement », a fait savoir le porte-parole du gouvernement allemand.

Cette idée d’un plan de sauvetage, de l’autre côté de la Manche, le gouvernement britannique indique qu’il est en train d’y réfléchir. Ce plan, toutefois, serait strictement national et consisterait en une recapitalisation par l’Etat des banques du pays, non en un rachat des actifs toxiques.

Autre question non résolue, celle de la garantie des dépôts. Depuis dimanche, l’Allemagne, la Suède, la Grande-Bretagne, l’Autriche, le Danemark et le Portugal ont annoncé à leur tour, unilatéralement, des garanties exceptionnelles pour les dépôts des particuliers. Berlin a décidé de garantir sans limite tous les comptes courants et d’épargne. Le gouvernement suédois a annoncé le doublement du plafond de garantie portant l’enveloppe financière mise à disposition des banques de 6,1 à 10,3 milliards d’euros.

Pourtant, la semaine dernière, l’Irlande s’était vu reprocher de jouer cavalier seul après avoir décidé, sans concertation, de garantir l’intégralité des dépôts placés dans ses banques, au risque de provoquer des transferts de capitaux déstabilisateurs au sein de l’Union. Pour protéger ses banques, le gouvernement britannique a dû se résoudre à faire passer, dès mardi, le plafond de dépôt garanti par client et par banque de 35.000 à 50.000 livres.

Ce problème a suscité les critiques du Danemark. « Au niveau de l’Union, on n’a pas constaté malheureusement de coordination du côté de la présidence européenne, du côté de la France », a déploré la ministre danoise de l’économie, lundi. C’est une des raisons « fondamentales », a-t-elle affirmé, qui a poussé Copenhague à conclure un plan de sortie de crise avec les banques. A son tour, le gouvernement espagnol a annoncé qu’il n’excluait pas de garantir les dépôts des particuliers, faut de position commune au sein de l’Union. Depuis plusieurs jours, Madrid répète qu’il souhaite qu’une décision sur les dépôts bancaires soit européenne.

Enfin, le ministre allemand des finances a créé la surprise, lundi, en assurant que son pays avait « un plan B dans les tiroirs ». « Nous sommes conscients que nous n’allons pas arriver très loin avec des solutions au cas par cas », a reconnu Peer Steinbrück. « Nous voulons déterminer nous-mêmes le mode d’action et ne pas être dépendants » des autres « mais je ne peux pas encore donner de détails là-dessus », a-t-il déclaré.

 
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