Les marchés européens font du yo-yo, entre espoir de bonnes affaires après le lundi noir et nouvelles inquiétudes concernant les banques, notamment britanniques.
La Bourse de Paris progressait toujours mardi en fin de matinée, le CAC 40 prenant 1,11%, dans un marché nerveux où les inquiétudes sur la propagation de la crise financière sont loin d'avoir disparu.
A 12H19 (10H19 GMT), l'indice vedette avançait de 41,26 points à 3.753,24 points, dans un volume d'échanges de 2,43 milliards d'euros, après avoir chuté de 9,04% la veille, sa plus forte baisse en une séance depuis sa création il y a vingt ans. Après avoir ouvert sur une hausse de 2,66%, le Cac 40 est brièvement passé dans le rouge (-0,20%) avant de remonter.
Le yo-yo était encore plus sensible sur les autres places européennes, Francfort gagnant 0,36% et Londres cédant 0,05% vers midi, après avoir toutes deux energistré une perte allant jusqu'à 1,5% dans la matinée. A la même heure, l'Eurostoxx 50 grimpait de 0,98%.
Les valeurs industrielles françaises, qui avaient accusé de fortes chutes lundi, se reprenaient nettement et tiraient la cote vers le haut : Renault avançait de 4,56% à 37,34 euros, Michelin de 4,30% à 40,90 euros et Alcatel-Lucent de 2,55% à 2,33 euros.
Total (+3,22% à 40,10 euros) et Vallourec (+2,59% à 115,41 euros) rebondissaient également, bien que les cours du brut restent sous le seuil des 90 dollars mardi matin, après leur fort repli de la veille.
Agités depuis plusieurs semaines par des rumeurs qui entretiennent une forte défiance, les marchés guettent cependant les moindres signes de développement de la crise parmi les établissements financiers européens.
La place parisienne a ainsi essuyé un retournement de tendance et évolué momentanément dans le rouge en milieu de matinée, au moment même où le titre de Royal Bank of Scotland (RBS), la deuxième banque britannique, dégringolait de 30% à la Bourse de Londres. A l'origine de cette panique, une information de la BBC affirmant que Royal Bank of Scotland, Barclays et Lloyds TSB auraient demandé lundi soir au ministre des Finances Alistair Darling de hâter sa décision sur un éventuel plan de soutien.
En Allemagne, la Deutsche Bank a annoncé qu'elle ne prévoyait pas d'augmentation de son capital, pour tenter de couper court à des rumeurs dans ce sens qui faisaient plonger le titre. Ce démenti n'empêchait pas l'action de perdre encore 8,37% vers midi.
Les valeurs financières françaises se comportaient de manière contrastée: Axa progressait de 2,09% à 20,49 euros, BNP Paribas de 1,76%à 68,69 euros, Crédit Agricole de 1,12% à 14,00 euros, mais Société Générale perdait 1,85% à 59,40 euros et Dexia 9,27% à 6,18.
Le marché se montre par ailleurs fébrile alors que plusieurs grandes entreprises américaines s'apprêtent à publier leurs résultats pour le troisième trimestre, à commencer ce mardi par le géant américain de l'aluminium Alcoa.
Alors que les conditions de crédit se durcissent sévèrement et que les tensions interbancaires traduisent une panne de liquidités, les marchés se préoccupent toujours des répercussions de la crise sur l'ensemble de l'économie.
"Les marchés intègrent dorénavant la perspective d'une récession mondiale, (...) le blocage du crédit interbancaire se répand à l'économie réelle et entraîne un risque de spirale déflationniste", estime Valérie Plagnol, directrice de la stratégie au Crédit Mutuel-CIC.

Nicolas Sarkozy a confirmé la prime à la casse de 1000 euros et ajouté deux autres mesures : un emprunt à taux attractif pour PSA et Renault et un fonds de soutien pour l'ensemble de la filière. Mais ce plan est-il à la hauteur d'un secteur en pleine déprime ?
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