
En Pennsylvanie, le sénateur noir a été à la peine avec les cols bleus et les couches les moins aisées. Autant de failles potentielles contre le républicain McCain.
« Mais pourquoi n’arrive-t-il pas à boucler l’affaire? », feignait de s’étonner Hillary Clinton mardi soir après sa large victoire dans la primaire de Pennsylvanie. L’ex « first Lady » a remporté ce 41ème duel avec 55% des voix contre 45% pour son rival, Barack Obama.
Durant les six dernières semaines, le sénateur de l’Illinois a pourtant dépensé près de 11 millions de dollars en publicité pour séduire les électeurs, presque trois fois plus qu’Hillary Clinton. Et il n’a pas lésiné non plus sur ses visites.
Pourtant, ce grand Etat industriel en crise à la population plutôt blanche, ouvrière et âgée, lui a échappé. « Je ne vois pas comment un candidat peut prétendre à la Maison Blanche sans avoir gagné la Pennsylvanie ou l’Ohio », renchérissait mercredi matin sur CNN une Hillary Clinton qui se dit plus que jamais en course. Neuf consultations restent à disputer d’ici au 3 juin, avec 187 délégués en jeu.
La sénatrice de New York revendique, avec une certaine légitimité, qu’elle « a toujours répondu présente » dans les rendez-vous avec les grands Etats, qui compteront le 4 novembre : la Californie, New York, le New Jersey, le Texas. Même si elle reste à la traîne en termes de délégués (toujours quelque 140 de retard par rapport à Obama), de votes populaires et aussi de financements (elle n’a collecté que 21 millions de dollars en mars contre 42 pour lui). Et elle ne conserve qu’une courte avance en termes de superdélégués -une trentaine en sa faveur…
Karl Rove, l’ex-grand manitou électoral de George Bush devenu consultant de choc sur Fox TV, résume les faiblesses d’Obama, qui sont autant de failles en cas de duel contre John McCain en novembre: « il ne séduit pas les cols bleus, les personnes les moins aisées et les populations rurales. Cela le dessert dans les swing states encore indécis qui pourraient faire basculer l’élection générale ». « Les électeurs ont appris à le connaître et il n’a plus le même momentum qu’en février, quand il gagnait les primaires avec de très larges avances », renchérit l’Associated Press.
Le duel fratricide chez les démocrates fait donc les affaires de McCain. « Qu’ils prennent leur temps, ils n’ont pas de raison de se précipiter pour l’investiture », ironise Mark Salter, conseiller du prétendant républicain. D’autant que McCain n’est pas un républicain classique. Il a la capacité d’attirer non seulement les indépendants qui pourraient pencher pour Obama, mais aussi les démocrates conservateurs et les hispaniques qui ont tendance à bouder le sénateur noir…

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J'ai compris que Obama est noir !