
En France comme chez ses partenaires européens, l'essoufflement de la consommation et la dégradation du moral des industriels attestent d'une dégradation de la situation économique.
L’économie de la zone euro donne de premiers signes de ralentissement. La crise financière et l’inflation galopante produisent leurs effets. En France, mais aussi en Allemagne ou en Belgique, la consommation des ménages est en berne et le moral des industriels vacille.
En avril, l’indice de l’Insee qui mesure le moral des industriels français a reculé de deux points, à 106 points. Selon les chefs d’entreprises sondés par l’Insee, la conjoncture s’est détériorée : le rythme de l’activité a ralenti et les carnets de commandes se dégarnissent.
L’Allemagne connaît elle aussi une dégradation. Le baromètre Ifo qui mesure la confiance des chefs d’entreprise a connu une baisse surprise en avril, à 102,4 points contre 104,8 points en mars.
En Belgique également, l'indicateur de confiance des entrepreneurs a plongé à son plus bas niveau depuis août 2005, après trois mois consécutifs d'amélioration. Il a également fortement reculé aux Pays-Bas.
Quant à l’indice PMI, qui synthétise l'activité et la confiance des entreprises dans la zone euro, s’il a progressé dans les services, il a fortement reculé dans le secteur manufacturier, selon une première estimation publiée mercredi. «
Il y a une correction du climat des affaires, qui ne surprend pas. C'est un rattrapage, alors qu'on ne s'expliquait pas pourquoi ces indicateurs se maintenaient jusqu'ici aussi bien », compte tenu de l'environnement économique mondial détérioré, souligne Sylvain Broyer, économiste chez Natixis.
En cause: le ralentissement économique américain et les effets de la crise financière sur l'économie. L'appréciation continue de l'euro, qui a dépassé pour la première fois le seuil de 1,60 dollar mardi, n’arrange rien. Elle frappe en particulier l'aéronautique, l'automobile ou la mode.
Dans le même temps, la confiance des ménages a reculé en Belgique ou aux Pays-Bas. Tandis que la consommation a reculé en France, sous l'effet d'une inflation record qui a atteint 3,6% en mars en zone euro.
Pour Sylvain Broyer, cette baisse de la consommation « est un effet direct de la hausse des prix alimentaires », alors que les perspectives de remontée du taux de chômage pèsent également sur la confiance des consommateurs.
Il est clair à présent « que la confiance économique s'est nettement affaiblie » en Europe, renchérit Sunil Kapadia, économiste de la banque UBS. Et « le ralentissement va devenir plus clair d'ici l'été », considère-t-il.

Nicolas Sarkozy a confirmé la prime à la casse de 1000 euros et ajouté deux autres mesures : un emprunt à taux attractif pour PSA et Renault et un fonds de soutien pour l'ensemble de la filière. Mais ce plan est-il à la hauteur d'un secteur en pleine déprime ?
Les 312 emplois du site de Pontonx-sur-l'Adour, spécialisé dans la fabrication de supports magnétiques, sont touchés. Le PDG de Sony France démissionne.
Le numéro un mondial renonce à ses prévisions de part de marché, et s'attend désormais à une baisse des ventes dès le quatrième trimestre 2008. Retour sur un an de prévisions hésitantes.
Les téléspectateurs qui regardent une émission en HD comprendraient aussi mieux les programmes, selon une étude.
L'opérateur téléphonique américain a annoncé jeudi la suppression d'ici la fin 2009 d'environ 12.000 emplois, soit 4% de ses effectifs.
Le gouvernement veut absolument supprimer la publicité de France Télévisions à partir du 5 janvier. Si les débats traînent en longueur à l'Assemblée, il menace de passer en force.
Depuis le passage à l'euro, les consommateurs ont noté certains réajustements de prix, sans autre raison que les reconstitutions de marge. L'immobilier a flambé, là aussi sans commune mesure avec la réelle pénurie d'offre. Les consommateurs sont harcelés par les vendeurs de crédits sous toute forme, mais surtout au mépris de l'endettement à risque des contractants. Depuis quelques mois, un consensus est établi sur la dégradation du coût de subsistance. Quand on a une belle voiture qui ronronne en puissance, la moindre des chose est d'observer les bruits du moteur et de surveiller l'état de sa machine. Que font donc nos observateurs professionnels (politiques, institutions, économistes) pour prendre soin du seul moteur qui fait fonctionner tous les autres? Faut-il être au bord du précipice, pour faire un grand bon en avant?