
La compagnie achète 20% de la société privée italienne NTV, signe de la volonté de l'entreprise française de participer à la consolidation du secteur en Europe. Cela à un peu plus d'un an de la libéralisation du transport international de voyageurs.
"NTV et la SNCF ont approuvé un accord de partenariat qui prévoit l'entrée de la SNCF dans NTV avec une participation minoritaire de 20%", a indiqué NTV (Nuovo Trasporto Viaggiatori) dans un communiqué. Le montant de la transaction n'a pas été dévoilé mais atteindrait 80 millions d'euros selon le quotidien Les Echos.
La SNCF devient ainsi "un partenaire de long terme et le seul actionnaire industriel de NTV", a ajouté l'opérateur italien, connu pour avoir été la première entreprise à commander l'AGV d'Alstom, le nouveau train à grande vitesse français. L'accord prévoit "la possibilité que les deux groupes étudient une collaboration dans le transport international de voyageurs" ainsi que "la possibilité de collaborations commerciales" (réservation de billets), a détaillé NTV, qui doit se lancer en 2011 sur les lignes italiennes.
NTV, présidé par Luca Cordero di Montezemolo, également président de Fiat, vise une part de marché de 20% sur le segment de la grande vitesse dans le pays d'ici 2015. Particulièrement depuis l'arrivée de Guillaume Pepy à la tête de la SNCF en février, la compagnie ferroviaire française affiche haut et fort ses ambitions internationales. "La France peut devenir championne du monde du ferroviaire", proclamait même fièrement M. Pepy la semaine dernière, en répétant son intention d'entrer au capital de sociétés étrangères.
La SNCF avait déjà procédé à quelques emplettes hors de France cette année, en achetant une petite compagnie de fret ferroviaire allemande ou une entreprise de bus scolaire aux Etats-Unis. Elle a aussi racheté en entier sa filiale de fret et de logistique Geodis, très implantée à l'étranger et elle détient depuis longtemps déjà des co-entreprises avec des compagnies nationales étrangères (Thalys avec les Allemands et les Belges, Artesia avec les Italiens).
L'entrée au capital de NTV permet aussi à la SNCF de damer le pion à sa grande rivale allemande, la Deutsche Bahn (DB), qui selon la presse était sur les rangs, signe que la consolidation du secteur s'accélère avant la libéralisation des lignes internationales de voyageur début 2010. Autre exemple, Air France a confirmé son intention de faire rouler des TGV, sans doute aux côtés de l'opérateur Veolia Transport.
Objet particulier des attentions, le marché juteux de la grande vitesse, moteur économique de la SNCF, qui se présente comme le "leader" en Europe. La SNCF, revendique une part de marché de 53% contre 21,6% pour la DB, 8,9% pour l'opérateur national italien et 3,7% pour la Renfe espagnole, tandis que d'autres entreprises se partagent les 12,8% restants. Pour l'instant largement européen, le marché de la grande vitesse est promis à un bel avenir avec des projets en Argentine, au Maroc, et à plus long terme en Californie ou en Arabie saoudite.

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**************** Bravo bravo ... mais cela doit-il justifier l'abandon des lignes moins rentables et donc l'isolement des campagnes et des montagnes non skiables? Les automobiles et les camions sont vilipendées mais on les rend obligatoires, faudrait savoir!