
Il renonce à acquérir TeliaSonera, faute d’accord sur les conditions financières.
France Télécom n’a pas joué la surenchère. Lundi, l’opérateur a renoncé à son projet de rachat de TeliaSonera, faute d'accord sur les conditions financières. Après plus de trois semaines de discussion et d'ultimes négociations ce week-end, le groupe suédo-finlandais a expliqué de son côté que les deux opérateurs n'avaient pas pu « se mettre d'accord car il n'y avait pas eu d'amélioration de l'offre de France Télécom ». L'offre du français, estimée à environ 56 couronnes suédoises par action de TeliaSonera, soit plus de 30 milliards d'euros au total, avait été immédiatement rejetée comme insuffisante par le groupe suédo-finlandais.
L'opérateur historique français avait tout au long des discussions affirmé qu'il ne souhaitait pas modifier la parité entre les actions des deux groupes et que par ailleurs « les marges de manœuvre sur la partie numéraire de l'offre [étaient] très limitées », ce qui laissait une faible marge pour les négociations. France Télécom, toujours endetté à hauteur de 38 milliards d'euros à la fin 2007, avait par ailleurs souligné que son ratio de dette nette sur marge brute opérationnelle ne devait pas dépasser 2,5 en cas de rachat.
Il a indiqué lundi après avoir jeté l'éponge que « ce projet n’[était] pas indispensable à la mise en oeuvre de sa stratégie ». « A travers cet abandon, France Télécom montre qu'il ne s'inscrit pas dans une politique de taille à tout prix », a commenté Vincent Griffon du Crédit Mutuel-CIC. Le marché parisien a dès l'ouverture salué cette annonce, dont la pertinence stratégique était contestée par les analystes. L'action France Télécom a ainsi bondi de 7,4% à 18,7 euros à la mi-journée, dans un marché stable. Entre l'annonce d'une « démarche amicale » pour fusionner avec TeliaSonera et la clôture de vendredi, France Télécom avait reculé de 8%.
« Cette annonce devrait donc rassurer les investisseurs par rapport à l'approche du groupe en matière de croissance externe », a expliqué Vincent Griffon. Selon Dexia Securities, « à moyen terme, […] il devrait y avoir quelques inquiétudes puisque France Télécom est clairement dans une phase d'acquisitions », même si « le groupe n'a pas d'acquisition de taille comparable en vue pour le moment ». Les dirigeants de France Télécom ont à plusieurs reprises fait part de leur conviction que la consolidation du secteur en Europe pourrait réduire à trois ou quatre le nombre de grands opérateurs dans cinq à dix ans alors qu'une quarantaine de groupes existent actuellement.
En Europe, « un nombre limité d'actifs peuvent être intéressants », explique un analyste, évoquant deux à trois groupes comme cible potentielle. Selon lui, France Télécom va concentrer ses recherches sur ses zones géographiques de prédilection à savoir l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient, et peut-être l'Asie. « Il y a des cibles plus intéressantes pour une acquisition », a estimé Rob Goyens, analyste de Dexia, citant le groupe égyptien « Orascom Telecom, qui est un "pure player" dans les pays émergents ». Selon l'analyste, France Télécom pourrait également « pénétrer le marché algérien où de nouvelles licences 3G sont actuellement distribuées ».

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