
Comment le n°1 mondial des puces graphiques entend-il répondre au projet Larrabee d'Intel, à la sortie du dernier modèle d'ATI et à l'arrivée de puces associant microprocesseur et fonctions graphiques. Les réponses du PDG de Nvidia, Jen-Hsun Huang.
Ça se complique pour Nvidia, le premier fabricant mondial de puces graphiques (4 milliards de dollars de chiffre d'affaires). Il +-doit en effet assumer les conséquences d'un problème de qualité qui touche l'ancienne génération de ses composants destinés aux ordinateurs portables. Montant de la facture: 200 millions de dollars. Ensuite, Nvidia semble pris en tenaille entre les velléités d'Intel, qui développe sa puce Larrabee pour les cartes graphiques haut de gamme, et le récent lancement d'une puce haut de gamme par ATI, aujourd'hui filiale d'AMD. A cela, s'ajoute le succès commercial des puces graphiques d'entrée de gamme qu'AMD et Intel fournissent par défaut avec leurs processeurs.
Enfin, AMD et Intel affichent la volonté de fusionner sur une même puce, un processeur et ses fonctions graphiques. Une stratégie que Nvidia ne peut bien évidemment pas suivre, faute de posséder son propre processeur. Interview du Pdg et co-fondateur de Nvidia, Jen-Hsun Huang, rencontré lors de Nvision 2008 a San Jose, la première édition de la conférence organisée par le constructeur pour l'industrie de l'informatique visuelle.
C'est un problème rare qui était impossible à détecter avant de livrer ces puces à nos clients. Aujourd'hui encore, il reste difficile à reproduire dans nos laboratoires. Il s'agit de la combinaison d'un matériau utilisé sur l'ancienne génération de nos puces et de la chaleur émise par certains ordinateurs portables. Problème, ce défaut a mis plusieurs années avant de se révéler. Mais au lieu de laisser les utilisateurs se dépatouiller seuls avec leur fabricant, surtout dans le cas où le portable n'est plus sous garantie, j'ai décidé de payer pour le remplacement de la puce défaillante, sans poser de question. C'est pourquoi nous avons constitué une réserve de presque 200 millions dollars pour couvrir ces frais. Cette puce ne coûte que 20 dollars, mais son remplacement pourrait s'élever à 200 dollars. Cet effort est une première dans notre industrie. Marvell ne l'a pas fait quand ils ont connu une situation similaire. Pas plus que Broadcom.
Ma première réaction est de dire que l'arrivée d'Intel va permettre d'élargir le marché des puces graphiques. Car, comme nous, Intel pousse l'idée que ces puces ne sont pas uniquement bonnes pour faire du graphisme, mais aussi de la vidéo, de la photo, la simulation, etc. C'est donc une très bonne chose pour l'industrie de l'informatique visuelle (visual computing). D'un point de vue compétitif, Intel n'a pas une bonne réputation dans le monde du graphisme. Leurs puces actuelles, que je qualifierais d'entrée de gamme, ne sont pas performantes. Alors comment imaginer qu'Intel puisse développer une puce haut de gamme ?
D’autant que personne ne sait ce qu'est Larrabee à part une présentation Powerpoint. Cette puce ne sortira pas avant l'année prochaine. Le problème pour Intel est que nous avons déjà construit Larrabee : cela s'appelle CUDA. Un langage informatique qui permet de programmer une puce Nvidia aussi facilement qu'un processeur AMD ou Intel. Il y a déjà 100 millions de puces CUDA sur le marché. Et quand Larrabee sortira, il y en aura 200 millions. Enfin, selon Intel, l'un des avantages de Larrabee sera d'utiliser des coeurs x86, les mêmes qui existent aujourd'hui dans leurs processeurs. Serait-il alors possible de faire fonctionner Windows avec Larrabee? Ou Word? Non bien sûr. Pas plus que vous ne pouvez le faire avec nos puces ou celles d'ATI.
ATI a effectivement rattrapé son retard sur nous en termes de performance et avec une puce moins chère. Même si nous allons repasser devant avec notre prochaine génération de puces, nous devons retenir la leçon qu'il faut être meilleur pour anticiper la concurrence. Nvidia possède 97% de part de marché des puces haut de gamme, mais il suffit d'une seule puce (ATI, ndlr) pour remettre en cause notre avance.
Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de fabriquer notre propre processeur. AMD et Intel font déjà ça très bien. Et, aujourd'hui vous pouvez trouver un bon processeur pour pas cher. Alors pourquoi réinventer la roue?
Il y a deux types d'intégration: physique et architecturale. La première consiste à prendre 2 puces et à les mettre ensemble. AMD et Intel le font déjà depuis plusieurs années en combinant leur CPU avec leur chipset, qui contient notamment les fonctions graphiques. Donc, de ce point de vue, rien n'a changé. Ensuite, il y a l'idée qu'il est possible de créer une seule puce qui soit à la fois bonne pour des fonctions généralistes, généralement éxécutées par un processeur, et visuelles. Et c'est là que nos visions divergent. Les fonctions visuelles sont, par définition, exécutées en parallèle. C'est pourquoi dans nos puces graphiques vous trouvez des centaines de coeurs qui fonctionnent simultanément. Alors qu'un CPU est séquentiel, une tâche à la fois. L''idée de processeurs multi-coeurs est d'ailleurs assez récente. C'est pourquoi, pour moi, la solution gagnante est une architecture hétérogène, avec un processeur et une puce graphique.

Les personnes agées recèlent de bien précieux savoirs... C'est marrant ces derniers tps je pensais combien le contenu de wikipedia était sélectif au vue des compétences techniques requises... Florent
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Le PDF de Nvidia peut être confiant, les puces graphiques intégrées n'ont jamais supplanter les puces dédiées. Post relayé sur http://www.fidgee.com - l'actu du geek