Lancement du projet 

« Il faut connaître ses limites »

Trois jeunes diplomés d’école de commerce sont partis faire un tour du monde à vélo sur le thème de l’entrepreneuriat français à l'étranger. Leur rencontre avec Damien Dernoncourt qui a repris le bijoutier John Hardy à Hong-Kong.

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 | LEntreprise.com | Mis en ligne le 23/06/2008
 
 
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A la tête d’un beau bijou

C’est au 14ème étage d’un building de Hong-Kong que nous avons rencontré Damien Dernoncourt, dans ses nouveaux bureaux aux allures de jungle tropicale où le bambou est roi.
Ancien entrepreneur, Damien s’est aujourd’hui lancé un nouveau défi : la reprise et le rachat d’entreprise.

Son parcours

Originaire du Nord de la France, Damien a fait ses gammes sur les bancs du très réputé collège de Marcq-en-Baroeul (59) avant d’intégrer, bac en poche, l’IUTC de Valenciennes. Il intégrera par la suite l’ESC Lille où il partira 3 mois en stage en Espagne pour sa première mission à l’étranger. Mais c’est en Asie, à Hong-Kong précisément, que Damien atterrira dès la fin de ses études pour occuper un poste de gestionnaire au sein d’un bureau d’achat dans le domaine de l’outillage.
Trois années très enrichissantes durant lesquelles il aura l’occasion de visiter plus de 300 usines chinoises ainsi que de participer à l’ouverture de deux nouveaux bureaux d’achat à Shanghai et Shenzhen.
Pourtant, certains problèmes au niveau de l’emballage des produits le poussent à démissionner afin de lancer sa propre société d’emballage et de packaging (Asiapack) grâce au soutien de deux associés qui ont pu lui apporter quelques financements ainsi que le savoir-faire pour ce type d’activité.
Cette première expérience d’entrepreneur fut une réussite pour ce jeune chef d’entreprise à la tête de plus de 150 employés. Pourtant, en 2002, Damien décide de rentrer en France afin de donner un coup d’accélérateur à sa carrière en intégrant un MBA à l’INSEAD. Ce fut pour lui l’occasion de construire un formidable réseau à travers le monde ainsi que de parachever son apprentissage notamment dans le domaine de la finance.

John Hardy

Secteur d’activité : bijouterie
Date de la reprise : 2004
CA (prévision 2018) : 1 milliard d'euros
Nombre d’employés : 1 300
Adresse Internet : http://www.johnhardy.com/home.html

C’est lors de cette année d’étude que Damien rencontrera pour la première fois, John Hardy, bijoutier ayant des usines à Bali… Une nouvelle mission chez John Hardy Convaincu par le discours de son créateur, Damien rejoint l’équipe en 2003 afin de s’occuper de la finance et de la trésorerie du groupe. La société, implantée dans divers endroits du monde, est découpée en 4 pôles stratégiques. L’usine de fabrication ainsi qu’un atelier de création et de design se situent en Indonésie sur l’île de Bali. Les 3 fermes qui entourent l’usine permettent de nourrir les 800 employés qui vivent dans un cadre où l’écologie occupe une place très importante.
La Thaïlande accueille également un petit atelier dans sa capitale, Bangkok. La partie « sales » et « marketing » a été implantée à New-York aux Etats-Unis où l’on retrouve près de 80 % des clients de la société.
Et enfin, le siège social du groupe est installé à Hong-Kong. La société, qui emploie plus de 1 200 personnes de 27 nationalités différentes, propose de la bijouterie et utilise un placement haut de gamme pour vendre des bijoux de qualité « faits main » aux bijouteries ou « Department Store » du monde entier.

Une opportunité à saisir

Suite à de nombreux problèmes au sein de la filiale new-yorkaise du groupe, la société John Hardy se retrouve en 2004 au bord du dépôt de bilan. Damien reprend alors la direction de la société afin de réaliser une totale restructuration et de permettre au bijoutier de sortir de la crise. 2 années suffiront pour relancer l’entreprise. Le fondateur, John Hardy, pense qu’il est temps pour lui de se retirer, trente ans après la création de ses premiers bijoux.
Les multinationales telles que LVMH ou Tiffany se placent pour le rachat de l’entreprise et Damien, peu enclin à travailler dans ce genre de structure, sent qu’il a alors un gros coup à jouer. La confiance du fondateur lui permettra de se lancer plus facilement dans la bataille. Un MBO (Management Buy Out) est alors mis en place afin de permettre au directeur de racheter les parts de la société. La recherche d’un groupe spécialiste du Private Equity ainsi que de quelques actionnaires minoritaires a aidé à la mise en place d’un montage financier qui permet aujourd’hui à Damien de détenir 75 % du capital social de John Hardy. A ce jour, John Hardy emploi plus de 1 300 employés, réalise un Chiffre d’affaires estimé à 80 millions d’euros pour l’année 2007 et distribue ses bijoux dans le monde entier (Asie, Moyen-Orient, Europe et Amérique du Nord).

 
 
 
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