S'installer en franchise 

Louis Le Duff : « La franchise évite de se lancer en kamikaze »

Auteur d’un livre-plaidoyer sur la franchise, le patron de Brioche Dorée et de Pizza del Arte encourage les créateurs d’entreprise à s’associer à une enseigne franchisée. Et compare ceux qui font cavalier seul à des entrepreneurs suicidaires.

Marianne Rey | LEntreprise.com | Mis en ligne le 22/05/2006
 
 
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Quel parcours ! Louis Le Duff crée La Brioche Dorée en 1976 avec l’équivalent de 1 500 euros d’apport personnel. Depuis, il a fait du chemin. Son groupe réalise 600 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie 8 000 salariés à travers le monde. Réussir… en toute franchise, le titre de son livre édité chez Albin Michel, ne laisse pas de place au doute : c’est bien à ce mode de commerce que le dirigeant-franchiseur pense devoir son ascension. Pas étonnant, dès lors, qu’il ne cesse d’en faire l’apologie. Rencontre.

Votre livre regorge de success stories de franchiseurs et de franchisés. Pourquoi occulter les cas d’échec ? Ils pourraient être instructifs.
S’il n’y a pas de témoignages de personnes qui ont échoué, c’est parce que je ne veux pas les citer nominativement. Et puis, de toute façon, je ne vois aucun intérêt à déterrer les morts du cimetière économique. Mieux vaut regarder du côté des franchiseurs qui ont pignon sur rue, qui marchent, qui grandissent, et dont les franchisés sont heureux. Il y a plus à apprendre de ceux qui ont réussi.

Quelle est votre définition de la réussite ?
La réussite personnelle, familiale et sociale est tout aussi importante que la réussite professionnelle proprement dite. Je suis convaincu que la franchise permet de trouver cet équilibre, sans lequel sa vie n’est pas totalement réussie. Plus de 60 % des Français veulent être fonctionnaires. Mais 56 % rêvent de créer leur entreprise. Si vous faites le total, vous obtenez… 116 %. Donc beaucoup de gens ont des aspirations paradoxales. Ils veulent le beurre et l’argent du beurre, la sécurité et l’indépendance. En plus de cela, ils désirent la rentabilité.

Voulez-vous dire que la franchise permet de combiner ces trois exigences ?
C’est simple, il y a trois voies pour devenir dirigeant. La première : vous reprenez une entreprise. Dans les cinq ans à venir, il y en aura 700 000, des petites comme des grandes. Deuxième option, vous voulez être entrepreneur à tout prix. Alors vous foncez : nouvelles idées, nouveaux produits, nouveau métier. Mais là, vous avez une chance sur deux, 52 % de chances pour être exact, de fermer boutique dans les cinq ans. Le taux d’échec se monte à 80 % dans les dix ans ! Il faut être un kamikaze économique pour faire ce choix ! Enfin, il reste une troisième voie : la franchise. En trouvant un bon franchiseur, vous avez toutes les chances de réussir.

Encore faut-il dénicher le bon franchiseur…
Pour être sûr de s’adosser à un réseau solide, il suffit d’en choisir un qui a déjà fait ses preuves en développant ses succursales. Car on ne peut enseigner aux autres que ce qu’on a déjà réussi soi-même. Pour s’assurer de sa fiabilité, on peut aussi se renseigner via les documents Doubin que le franchiseur est obligé de communiquer à tout candidat à la franchise, ne pas oublier d’interroger la Fédération française de la franchise, lire la presse, visiter les franchisés du réseau… On sait vite quand une chaîne sent le soufre et traîne des cadavres.

La clé du succès tient-elle uniquement dans le choix du franchiseur ?
Je reprendrais une formule d’Yves Sassi, le président de l’Observatoire de la franchise : « En s’adossant à un bon réseau, l’entrepreneur rejoint le club des meilleurs taux de réussite avec 90 % des entreprises encore en activité après cinq ans ». J’irais même plus loin : chez les très bons franchiseurs, il n’y a quasiment pas d’échec. Mais avant de choisir le bon franchiseur, la bonne formule, il faut d’abord opter pour un métier qu’on aime.

Est-il indispensable d’avoir de l’expérience dans le secteur d’activité retenu ?
C’est toujours mieux d’en avoir une, mais ce n’est pas nécessaire. Pour prendre une franchise Brioche Dorée ou Pizza del Arte, par exemple, vous n’êtes pas obligé d’avoir fait une école hôtelière. Car de toute façon, vous allez passer par un centre de formation. Toutefois, il faut aimer la restauration. J’aime beaucoup que mes futurs franchisés sachent faire la cuisine, aient le sens de la papille, du goût, des produits de bonne qualité. Si, en plus, vous êtes commerçant dans l’âme, vous êtes fait pour mon métier. Les compétences en gestion peuvent s’acquérir par la suite.

Y a-t-il une personnalité idéale, un profil type de franchisé ?
Il n’y a pas de bons profils, il n’y a que des profils qui correspondent à un concept particulier. Vous imaginez une jeune femme délicate vendre des pneus ? Elle n’aurait pas le costume de l’emploi.

Est-ce la même population qui se lance seule ou avec l’appui d’un réseau de franchise ?
En fait, beaucoup de gens s’installent seuls parce qu’ils n’ont pas réussi à intégrer un réseau. Il faut être un « super bon » pour être sélectionné par un bon franchiseur. Ce dernier vous choisit pour renforcer encore la solidité du réseau. Le succès attire le succès. C’est ainsi que tourne la spirale gagnante. Lorsqu’un de nos restaurants en succursale est repris par un franchisé, les résultats de l’établissement bondissent en moyenne de 28 %

 
 
 
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