Développer son business 

« J'ai réussi à augmenter mon salaire de 800 à 1 000 euros »

Comment organiser ses journées en menant tout de front ? Peut-on se dégager un salaire, après avoir payé toutes les charges ? Comment booster son business ? Claire Ploquin, styliste-modéliste à son compte, raconte son expérience et livre ses conseils.

Fabienne Proux | LEntreprise.com | Mis en ligne le 16/05/2007
 
 
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Installée à son compte, Claire Ploquin mène de front création et vente de vêtements pour femme dans l’atelier-boutique qu’elle a ouvert à Nantes, fin 2001. Elle n’avait alors que 23 ans ! Son activité génère aujourd’hui 63 000 euros de chiffre d’affaires et un résultat net de 13 000 euros, juste de quoi couvrir ses frais et dégager un petit salaire. Son entreprise peine à décoller faute de moyens et de publicité. Mais Claire Ploquin ne compte pas en rester là. Interview sur sa vie et son business en solo.

Comment organisez-vous votre emploi du temps ?

J’organise mon planning deux à trois semaines à l’avance. Pour respecter mes échéances, j’attribue à chaque jour des opérations précises, sans toutefois surcharger mon emploi du temps, afin de ne pas être débordée. Par exemple, je prévois huit heures de travail pour une journée de dix heures, ce qui me permet d’avoir de la marge sans travailler sept jours sur sept. J’essaie de tout boucler le samedi soir et libérer mon dimanche.

Arrivez-vous à tout gérer seule ?

Oui, mais après quatre ans d’activité, j’ai décidé de fermer ma boutique le lundi. J'en profite pour faire ma comptabilité, réaliser mes achats de petites fournitures, suivre des formations... La compta m’occupe ainsi un lundi sur quatre. Au final, mon chiffre d’affaires n’a pas été affecté par cette fermeture hebdomadaire, car beaucoup d’autres commerces sont également fermés. Par ailleurs, je travaille à mon domicile le mercredi afin de garder mon bébé. Je fais de la création et du patronage ce jour-là.

Gagnez-vous correctement votre vie en étant à votre compte ?

Non, mon activité ne serait pas viable si j’étais seule. En 2006, j’ai réussi à augmenter mon salaire mensuel de 800 à 1 000 euros. Mon ami pourvoit aux deux tiers du budget familial. Le plaisir de travailler pour soi compense heureusement les faibles revenus…

Quelles sont vos charges financières ?

Mes charges comprennent les matières premières pour 16 % et 20 % du chiffre d’affaires, les charges sociales pour 15 % et le loyer de 760 euros. La couturière que j’emploie absorbe 11 % du chiffre d’affaires. Mais j’ai encore du mal à dégager un budget pour faire de la publicité, alors que c’est indispensable pour booster mes ventes qui stagnent. Je vais malgré tout investir 800 euros cette année dans un site internet qui est destiné, non pas à vendre mes produits, mais à présenter mes collections, mon atelier-boutique et mes robes de mariée.

Les relations avec vos fournisseurs sont-elles difficiles ?

Le plus difficile a été de trouver les fournisseurs adaptés à mes besoins. Au début de mon activité, j’ai identifié ceux qui acceptaient les commandes de petites quantités dans des salons professionnels. Je suis également obligée de composer avec ce qu’ils acceptent de me vendre : certaines gammes ou certaines couleurs sont limitées aux grandes quantités. Quelques fournisseurs me demandent de les payer à la commande, mais pas tous, heureusement.

 
 
 
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