

Un salarié sur six se dit victime de comportements hostiles sur son lieu de travail selon une étude de la Dares. Un problème qui touche particulièrement les jeunes, les femmes et les salariés peu qualifiés, travaillant dans les moyennes et grandes entreprises.
Pas facile de travailler en harmonie avec sa hiérarchie, ses collègues, ses clients… En effet, un salarié sur six estime être l’objet de comportements hostiles dans le cadre de son travail, selon une étude de la Dares publiée en mai 2008.
L’organisme d’études a distingué trois types de comportements hostiles. En premier, sont mentionnés les comportements méprisants : on vous ignore, on vous empêche de vous exprimer, on vous ridiculise en public, on tient sur vous des propos désobligeants. 6,5 % des salariés se plaignent de subir une de ces attitudes.
Deuxième catégorie, le manque de reconnaissance : on critique injustement votre travail, on vous charge de tâches inutiles ou dégradantes (une sorte de mise au placard), on sabote votre travail, on vous empêche de travailler correctement (manque de temps et de moyens). Ces situations oppressantes concernent 9 % des salariés.
Enfin, il existe des comportements dégradants : on vous laisse entendre que vous êtes mentalement dérangé, on vous tient des propos obscènes ou insultants, on vous fait des propositions sexuelles avec insistance. 2 % des salariés en sont victimes.
Ces comportements hostiles touchent davantage les femmes (18 % contre 16, 8 % des hommes), les jeunes (19, 6 % des moins de 25 ans, contre 17,3 % en moyenne), les ouvriers non qualifiés (18,6 %) et les employés de service (18,2 %).
La taille de l’entreprise a aussi un impact sur l’ambiance de travail. Les salariés des entreprises de moins de dix salariés évoquent moins souvent ces mauvais comportements (14 % contre 19,9 % dans les entreprises de 50 à 199 salariés).
Les secteurs d’activité les plus concernés sont l’industrie des biens de consommation, l’industrie automobile et l’immobilier. A l’inverse, la construction et les activités financières sont relativement épargnées.
Les salariés déclarent davantage souffrir de comportements hostiles quand l’organisation du travail est tendue : manque de moyens et de formations, tensions avec les clients, interruptions fréquentes, vitesse d’exécution des tâches, rythme imposé par la surveillance hiérarchique, sanctions (salaire, licenciement) en cas d’erreur…
| Source : Dares Lecture : 17,9 % des salariés ayant des durées de travail variables selon les semaines déclarent vivre actuellement au moins un comportement hostile. * Être exposé à une température de plus de 24° ou de moins de 15° pendant plus de 10 heures durant la dernière semaine travaillée. ** Devoir maintenir une position à genoux ou les bras en l’air ou une autre contrainte posturale pendant plus de 10 heures durant la dernière semaine travaillée. Champ : secteur concurrentiel et hôpitaux publics, hors particuliers employeurs. |
|
| > Horaires de travail | |
|---|---|
| Durée du travail variable selon les semaines | 17,9 % |
| Horaires déterminés par l’entreprise | 18,3 % |
| Travailler souvent plus longtemps que l’horaire prévu | 21 % |
| Travail posté | 19 % |
| > Organisation du travail | |
| Rythme de travail imposé par la surveillance hiérarchique | 24,6 % |
| Rythme de travail imposé par la dépendance immédiate des collègues | 22 % |
| Rythme de travail soumis à des cadences automatiques | 19,9 % |
| Devoir se dépêcher | 23,1 % |
| Être perturbé par des interruptions fréquentes | 25,5 % |
| Ne pas pouvoir interrompre son travail | 22,9 % |
| Manquer de collègues pour faire un travail de qualité | 24 % |
| Manquer de moyens pour faire un travail de qualité | 27 % |
| Manquer de formation pour faire un travail de qualité | 29,5 % |
| Tensions avec le public permanentes ou régulières | 26,1 % |
| Avoir des subordonnés | 17,1 % |
| > Pénibilités physiques | |
| Travail au chaud, au froid * | 22,7 % |
| Travail physiquement pénible ** | 18,9 % |
| > Une erreur dans le travail pourrait entraîner… | |
| …des coûts financiers | 17 % |
| …des sanctions | 20,1 % |
| ENSEMBLE | 17,3 % |

