Hier matin, les salariés d'Arjowiggins ont manifesté leur colère devant les grilles du centre de recherche et développement d'Apprieu. C'est devant des banderoles et des blouses blanches accrochées aux arbres que la cinquantaine de manifestants ont accueilli, à l'occasion d'un comité d'entreprise extraordinaire, les représentants de la direction nationale dont Guy Léonard, directeur général, Bruno Freiry, directeur des ressources humaines et Philippe Bello, directeur de recherche nationale.
Le plan social annoncé par la direction parisienne du leader mondial de la fabrication de papiers techniques et de création, entraîne la suppression de 70 % du personnel de recherche au niveau du groupe. Comme les deux autres centres, en Angleterre et au Mans, Apprieu est touché de plein fouet par cette décision. Sur les 70 postes, 30 cadres (ingénieurs et docteurs) et 40 techniciens, 30 seront supprimés. Les autres salariés seront reclassés sur le site et partagés entre la recherche "papier sécurité" et "solutions industrielles".
Des mesures qui laissent les salariés dans l'incompréhension totale. Parmi les manifestants, certains techniciens ont connu
le tout premier laboratoire en 1966 à Charavines avant la création du site à Apprieu en 1989. « Nous vivons une situation très paradoxale », insiste Christian Billard, de la CGT. « On nous dit que cette restructuration est fondée sur des impératifs économiques (hausse des matières premières, de l'énergie...). Alors que les centres de recherche s'attachent avant tout à étudier les nouveaux procédés pour économiser de l'argent ! Arjowiggins est en train de morceler ses centres de recherche alors qu'il devrait s'appuyer sur ses forces d'innovation. »
Pour l'instant, les sites de production, dont deux en Isère (Charavines et Rives) ne sont pas concernés. « Mais ces sites viennent juste de sortir d'un plan social. Et aujourd'hui, le personnel du site craint pour l'avenir du groupe », explique Christian Billard. En attendant l'ouverture du plan social le 18 novembre, le personnel s'organise. « Nous avons choisi le cabinet de reclassement qui viendra dès la semaine prochaine pour conseiller le personnel et apporter une aide psychologique ».
Les représentants de la direction présents sur le site n'ont quant à eux pas souhaité s'exprimer.
Christelle CARMONA
Paru dans l'édition 38C du 11/10/2008 (40362)